Syrie : la jihadiste Émilie König dément toute torture

Syrie : la jihadiste Émilie König dément toute torture

La jihadiste française, Émilie König, le 8 janvier 2018.

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Orange avec AFP, publié le lundi 08 janvier 2018 à 19h08

VIDÉO. Les forces kurdes en Syrie ont diffusé ce lundi 8 janvier des vidéos dans lesquelles Émilie König (33 ans), figure de la mouvance jihadiste française détenue en Syrie, affirme n'avoir subi aucune torture depuis son arrestation.

Émilie König, recruteuse sur les réseaux sociaux pour le groupe État islamique (EI), a été arrêtée par les forces kurdes en Syrie début décembre. La semaine dernière, sa mère vivant à Lorient (Morbihan) avait assuré que sa fille lui avait expliqué par téléphone avoir été "interrogée et torturée".

"On m'a toujours traitée correctement"

"Il n'y a pas eu de torture", explique-t-elle cependant dans les vidéos en français et en arabe postées sur Youtube par un organe de propagande des forces kurdes en Syrie. "On m'a apporté à manger, à boire, des cigarettes, on m'a toujours traitée correctement. El hamdou lillah (grâce à Dieu, ndlr), je n'ai pas eu d'injustices", assure-t-elle dans la deuxième vidéo en français, où on la voit s'exprimer sans voile sur le visage.

Contacté par l'AFP, son avocat, Bruno Vinay, a confirmé que c'est bien sa cliente qui apparaît dans ces vidéos postées sur un site de propagande des forces kurdes en Syrie. "Cette vidéo vient confirmer l'esprit de coopération dans lequel se trouve Émilie König", a-t-il estimé. 

Détenue avec ses trois enfants

Il s'est toutefois interrogé sur les conditions de réalisation de la vidéo : "certains de ses propos ont pu lui être suggérés au vu de détails de sa vie quotidienne dont j'ai connaissance". Sur leur site, les forces kurdes ne précisent pas dans quelles conditions, ni où, les vidéos ont été enregistrées.

Emilie König est détenue dans un camp kurde en Syrie avec son garçon de 4 ans et ses jumelles d'un an, en compagnie d'autres femmes françaises. Partie en Syrie en 2012 en pionnière, la jeune femme a été placée en septembre 2014 par l'ONU sur la liste noire des combattants les plus dangereux. Les renseignements avaient intercepté ses appels récurrents à attaquer les institutions françaises ou à s'en prendre aux femmes de soldats français.

Elle est réclamée par la justice française depuis 2015 dans le cadre d'une enquête liée à la filière dite "de Nîmes" (Gard) et a fait savoir qu'elle se tenait "à la disposition de la justice française". La semaine dernière, son avocat avait demandé son rapatriement en France, car, d'après lui, les autorités françaises "ont l'obligation de la juger".

Emilie König "est la mère de trois enfants français" et "tout doit être mis en oeuvre pour faciliter leur rapatriement, conformément aux engagements internationaux de la France", avait aussi fait valoir Me Vinay. Jusqu'à présent, le gouvernement s'est borné à dire qu'il se prononcerait "au cas par cas" pour les Français détenus en Syrie. 

D'après une source proche du dossier en France, une quarantaine de jihadistes français adultes, autant d'hommes que de femmes, accompagnés d'une vingtaine d'enfants, ont été arrêtés en Syrie et Irak, dont la grande majorité par les forces kurdes en Syrie.

 
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