Syrie: la Ghouta orientale, enclave rebelle assiégée depuis 2013

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 Des membres du Comité international de la Croix-Rouge procèdent à une évacuation médicale en urgence, le 26 décembre 2017 à Douma, dans la Ghouta orientale, en Syrie

Des membres du Comité international de la Croix-Rouge procèdent à une évacuation médicale en urgence, le 26 décembre 2017 à Douma, dans la Ghouta orientale, en Syrie

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© AFP, Amer ALMOHIBANY
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AFP, publié le mercredi 27 décembre 2017 à 11h41

La Ghouta orientale, où des évacuations de civils en état critique réclamées par l'ONU ont débuté mercredi, est la dernière enclave rebelle près de Damas, assiégée depuis 2013 et régulièrement bombardée par le régime.

- Bataille de Damas -

A la mi-juillet 2012, les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) lancent, depuis la Ghouta, la bataille de Damas. L'armée reprend rapidement le contrôle de la plus grande partie de la capitale après une semaine de combats. Mais des zones de sa banlieue passent sous contrôle rebelle.

Fin 2012, la périphérie de Damas se retrouve au coeur des affrontements: l'ASL a installé ses bases arrières dans la Ghouta orientale.

Cette région sera régulièrement visée par de nombreux bombardements aériens et tirs d'artillerie meurtriers, qui touchent marchés, écoles et hôpitaux. Le secteur sera totalement assiégé à partir de 2013.

- Gaz sarin -

Le 21 août 2013, des centaines de personnes dont un grand nombre d'enfants sont tuées dans une attaque chimique dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, un autre bastion de la rébellion près de Damas. L'opposition accuse le régime de Bachar al-Assad, qui dément.

Les Etats-Unis affirment avoir la "forte certitude" que le régime est responsable de l'attaque qui a fait selon eux 1.429 morts, dont 426 enfants.

Le 14 septembre, la signature d'un accord américano-russe sur le démantèlement de l'arsenal chimique de la Syrie annule in extremis des frappes envisagées par Washington et Paris pour "punir" le régime.

Deux jours plus tard, un rapport de l'ONU révèle des "preuves flagrantes" de l'utilisation de gaz sarin.

- Malnutrition -

En novembre 2016, le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien déplore l'utilisation de la "tactique cruelle" du siège, "en particulier par le gouvernement syrien", qui y a recours pour forcer les rebelles à déposer les armes et les civils à se soumettre ou à fuir.

Les rebelles, qui ont perdu des territoires face au régime soutenu militairement par la Russie et l'Iran, se sont vus contraints de signer des accords dits de "réconciliation" par lesquels ils ont évacué avec leurs familles certaines des villes qu'ils contrôlaient.

Près de 400.000 personnes sont encore prises au piège dans la Ghouta orientale, subissant pénuries de nourriture et de médicaments. La moitié d'entre elles sont des enfants, selon l'Unicef.

Autrefois région agricole importante, la Ghouta a été ravagée par les combats. Des immeubles sont éventrés et des rues entières inhabitables. Le siège a provoqué une flambée des prix.

Fin octobre, l'ONU a condamné la "privation de nourriture délibérée de civils" comme une tactique de guerre, après la publication de photos "choquantes" d'enfants squelettiques dans la Ghouta orientale.

Fin novembre, l'Unicef a dénoncé la pire crise de malnutrition en Syrie depuis le début de la guerre en 2011, avec 11,9% des enfants de moins de cinq ans souffrant de sévère malnutrition, contre 2,1% en janvier.

L'ONU avait alors lancé un appel pour évacuer 500 malades graves, dont au moins seize sont décédés depuis. 

- 'Zone de désescalade' bombardée -

La Ghouta orientale est censée être une "zone de désescalade", où les belligérants s'engagent à réduire le niveau des violences. Ces zones ont été créées en vertu d'un accord entre la Russie et l'Iran, principaux soutiens du régime, et la Turquie qui appuie l'opposition.

Mais le régime a intensifié ses frappes contre cette région. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) y a recensé depuis la mi-novembre 211 civils, dont 49 enfants, tués par les bombardements.

 
4 commentaires - Syrie: la Ghouta orientale, enclave rebelle assiégée depuis 2013
  • l'ASL n'a rien à voir avec Daesch, contrairement à ce que voudrait nous faire croire Poutine et Assad, bien relayés par des réseaux de désinformation russes dont certains semblent être partie prenante, ou victime.... Cet amalgame n'a pour but que de justifier le génocide sur son propre peuple dont se rend coupable Assad depuis des années, n'épargnant ni les femmes ni les enfants.

  • peu de choses dans cette zone ; dans la Ghouta les chefs islamistes et Salafistes s'y sont largement entretués depuis 2012 ; c'est la ou le Front al-Nosra avait créé un temps de nouveaux groupuscules avec des fausses dénominations afin de capter les financements américains et Français il a ensuite liquidé tous les autres groupes rebelles qui pouvaient concurrencer son autorité dans cette région
    plus tard pour interpeller la communauté internationale et dénoncer les bombardements du régime contre les civils, des enfants tendant des pancartes et vêtus d'uniformes orange sont montrés enfermés dans une cage en 2016
    .pendant ce temps les States d'Obama ( prix Nobel de la paix !) et surtout la France de Hollande criaient 'Assad dehors' pour faire plaisir aux pays du golf et a Israel

  • La presse du régime n'a rien trouvé d'autre pour faire pleurer dans les chaumières...

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    JEANPAIN  (privé) -

    tu vois l'importance des mots, les terroristes de l'EI sont transformé en "rebelles" par notre presse.
    faut dire que la bien pensance exige et obtient le retour de tous els "vacanciers" de Syrie, alors ils ne faut surtout pas rappeler qu'ils sont coupables de crimes contre l'humanité....

    vous avez tout résumé,merci

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