Syrie: la Ghouta en attente d'aides, pressions occidentales accrues

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 Photo prise le 1er mars 2018 montrant l'enfant Khaled al-Ghorani allongé dans une clinique après avoir été amputé de la main à Kafr Batna, une des villes rebelles de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, bombardée par le régime

Photo prise le 1er mars 2018 montrant l'enfant Khaled al-Ghorani allongé dans une clinique après avoir été amputé de la main à Kafr Batna, une des villes rebelles de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, bombardée par ...

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© AFP, AMER ALMOHIBANY

AFP, publié le vendredi 02 mars 2018 à 19h22

Assiégés et soumis à un bombardement quasi incessant, les habitants du fief rebelle dans la Ghouta orientale en Syrie n'ont toujours pas reçu des aides dont ils ont cruellement besoin, l'Occident accentuant vendredi la pression sur le régime pour alléger la grave crise humanitaire.

Les quelque 400.000 habitants de cette enclave rebelle aux portes de Damas subissent au quotidien pénuries de nourritures et de médicaments, en raison du siège asphyxiant imposé depuis 2013 par le pouvoir de Bachar al-Assad.

Et pour échapper à une nouvelle campagne aérienne du régime lancée le 18 février et ayant tué plus de 600 civils, ils vivent désormais dans les sous-sols. Un "enfer sur terre" dans ce pays dévasté par la guerre depuis 2011, avait asséné le chef de l'ONU.

La France, l'Allemagne et les Etats-Unis ont dénoncé les bombardements ainsi que des attaques chimiques présumées imputées au régime. Ce dernier devra "rendre des comptes" pour la "détérioration" de la situation humanitaire dans la Ghouta, ont mis en garde Berlin et Washington.

Car même si une trêve humanitaire quotidienne de cinq heures, annoncée par la Russie, est plus ou moins observée depuis mardi, les bombardements se poursuivent malgré une baisse en intensité.

Vendredi, frappes aériennes et tirs d'artillerie avant et après la trêve ont tué onze civils dans plusieurs localités de la Ghouta, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Et si la trêve doit permettre d'évacuer blessés et civils, seul un couple de Pakistanais âgés est sorti. Quant aux aides attendues par les habitants de l'enclave, elles n'ont pas été distribuées.

- 'Une honte pour l'humanité' -

Pourtant, plus de 40 camions chargés d'aides sont prêts à entrer dans le fief rebelle. Mais selon l'ONU, la fenêtre de cinq heures n'est pas "suffisante" pour permettre leur livraison.

En attendant, les habitants survivent en puisant dans leurs réserves de nourriture, ou grâce au soutien d'associations caritatives locales qui organisent des distributions quotidiennes de repas, souvent une maigre portion de riz, selon un correspondant de l'AFP.

Sur les marchés, les produits de première nécessité -riz et pâtes- sont difficiles à trouver, ou se vendent à prix d'or. Le prix du pain a été multiplié par 25 en février selon l'ONU.

Sur le plan médical aussi, la situation est tragique.

"Nous attendons une réaction du monde", lâche dans un hôpital de Douma, Mohamed, interne en médecine. Il désigne la petite Hala, un an et demi, en pleurs, le bas de son corps couvert de bandages.

Blessée dans les bombardements, elle risque une amputation de la jambe droite, qui aurait pu être sauvée si le matériel médical adéquat était disponible. "Son histoire est une honte pour l'humanité. Et ce n'est pas le seul cas", dit-il.

Malgré l'annonce d'un couloir humanitaire pour quitter l'enclave, plusieurs habitants ont indiqué à l'AFP ne pas vouloir sortir car ils ne font pas "confiance" au régime ou à son allié russe. Ils disent craindre des représailles ou veulent éviter la conscription obligatoire.

"Nos maisons et nos terres sont ici", soupire Raëd, 27 ans. "On ne veut pas sortir et être maltraités".

- 'Rendre des comptes' -

La pause initiée par Moscou a suivi le vote au Conseil de sécurité de l'ONU samedi dernier d'une résolution appelant à un cessez-le-feu global de trente jours dans toute la Syrie. Un appel resté lettre morte.

Depuis le 18 février, raids aériens, barils d'explosifs et tirs d'artillerie du régime ont tué 628 civils, dont 151 enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le fief rebelle d'une centaine de kilomètres carré constitue un tiers de la vaste région de la Ghouta. Les deux autres tiers sont aux mains du régime.

"Le régime syrien devra rendre des comptes pour la détérioration continue de la situation humanitaire dans la Ghouta orientale", ont mis en garde la chancelière allemande Angela Merkel et le président américain Donald Trump.

"Cela vaut aussi bien pour l'usage d'armes chimiques par le régime Assad que pour les attaques sur les civils et le blocus de l'aide humanitaire", ont-ils précisé lors d'un entretien téléphonique.

Ces derniers mois, le régime a été accusé d'avoir mené plusieurs attaques chimiques contre des fiefs rebelles, ce qu'il dément.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 340.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a reporté à lundi un vote sur une résolution proposée par la Grande-Bretagne sur la situation humanitaire dans la Ghouta orientale.

Le texte réclame notamment une enquête "complète et indépendante sur les événements récents" dans cette région.

"Ce que nous voyons dans la Ghouta orientale et ailleurs en Syrie, sont probablement des crimes de guerre et potentiellement des crimes contre l'humanité", avait lancé avant l'ouverture du débat, le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

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44 commentaires - Syrie: la Ghouta en attente d'aides, pressions occidentales accrues
  • L'occident devra un jour rendre des comptes pour avoir provoqué et soutenu la guerre en Syrie en utilisant des rebelles mercenaires et créer une guerre civile avec des milliers de morts car on a fourni des armes
    un ministre connu français avait affirmé que les rebelles faisaient du" bon boulot"
    lorsque la coalition bombarde on n'a pas d'images des enfants victimes!!!!

    avatar
    Steppenwolf  (privé) -

    ça va déjà commencer avec l'affaire Lafarge. Notre ancien ministre des "affaires étranges" qui est parti pantoufler discrètement à la sinécure du conseil constitutionnel en remerciement pour "services rendus" et l'ensemble de son "oeuvre" (ex. dixit fafa : : "Bachar al Assad ne mérite pas d'être sur cette terre" et "al nosra fait du bon boulot en Syrie") doit être entendu par la justice. Ne doutons pas que l'on va encore avoir du : "responsable mais pas coupable". une formule qui devrait servir d'épitaphe au quidam en question au dessous de son nom !?

  • avatar
    Steppenwolf  (privé) -

    la propagande occidentale est à la mesure de sa frustration. elle bat son plein. bla bla bla bla............ vous pouvez toujours aboyer. ça ne changera rien. la ghouta sera libérée de vos terroristes. comme Alep a été libéré de vos terroristes. terroristes kapput. cette guerre vous l'avez perdue./

    en dépit des aboiements de Trump et Macron, ces terroristes n'arriveront pas à mettre l'occident sur le dos de Damas. D'ailleurs il n'en est plus qu'une question d'heures avant l'assaut final

  • Encore un article orienté, particulièrement subjectif sur le thème "regardez le méchant Bachar qui s'acharne sur les civils et les gentils rebelles", avec la photo d'un enfant qui forcément va faire pleurer dans les chaumières. Non, les 400.000 habitants de la Ghouta ne subissent pas un siège "imposé par le pouvoir de Bachar" mais bien plutôt à cause des djihadistes haineux qui s'en servent comme boucliers humains et refusent de les laisser partir. Car les djihadistes ont bien compris que l'opinion publique occidentale ne marche qu'à l'émotion instantanée, ça sert leur propagande. Ces civils-là ont visiblement plus d'importance que ceux du Yemen, bombardés par l'Arabie Saoudite, mais là bon ce sont nos amis qui se servent des armes qu'on leur a vendues...

  • en même temps Al Qaeda profite de la trêve

  • Ce n'est pas sur le régime que l'Occident devrait accentuer sa pression, mais sur les rebelles djihadistes qui tirent sur Damas et sur l'ambassade de Russie, en empêchant les civils de se sauver.

    allé Poutine et allé Bachar , il faut surtout empêcher que ne se reforme Daesh !

    y'a des gens (comme ISrael) qui ont des intérets à détruire le régime en place