Syrie: l'alliance arabo-kurde poursuit son offensive contre l'ultime poche de l'EI

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La ministre française des Armées Florence Parly (C) s'adresse à des soldats prenant part à l'opération Chammal -volet français de l'opération de la coalition internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique- le 9 février 2019 près de la ville irakienne d'Al-Qaïm, face à la province syrienne de Deir Ezzor
La ministre française des Armées Florence Parly (C) s'adresse à des soldats prenant part à l'opération Chammal -volet français de l'opération de la coalition internationale contre le groupe jihadiste Etat islamique- le 9 ...
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© AFP, Daphné BENOIT

AFP, publié le lundi 11 février 2019 à 12h03

Appuyées par les tirs d'artillerie de la coalition internationale, les forces arabo-kurdes poursuivent lundi leur assaut "final" contre l'ultime poche du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, où quelques centaines de jihadistes opposent une résistance acharnée.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d'un "califat" sur de vastes régions conquises en Syrie et en Irak voisin, les jihadistes, affaiblis par de multiples offensives, sont aujourd'hui acculés dans une petite poche de la province orientale de Deir Ezzor, près de la frontière irakienne.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont lancé samedi leur "bataille finale" contre ce secteur, où sont retranchés entre 500 et 600 jihadistes, selon l'alliance arabo-kurde soutenue par Washington.

"Les FDS progressent lentement dans ce qui reste de la poche de l'EI", a indiqué lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Il y a des frappes aériennes sporadiques, mais il y a surtout des tirs d'artillerie de la coalition internationale", emmenée par Washington, a souligné le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Les snipers, les mines enfouies et les tunnels creusés par les jihadistes ralentissent les opérations, d'après la même source.

Depuis le lancement de leur offensive en septembre, les FDS ont essuyé plusieurs contre-attaques meurtrières menées périodiquement par les jihadistes.

L'EI retient également "des dizaines d'otages des FDS", a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole de la force arabo-kurde, Mustefa Bali.

- Jihadistes en fuite -

Des dizaines de milliers de personnes, principalement des familles de jihadistes, ont fui les combats ces deux derniers mois pour se rendre dans des secteurs aux mains des FDS.

Près du village de Baghouz, les enquêteurs des FDS procèdent à des fouilles et à des interrogatoires poussés pour identifier les potentiels jihadistes qui tentent de fuir parmi les civils.

Environ 600 personnes ont quitté dimanche le réduit jihadiste, selon l'OSDH. Parmi elles, se trouvaient 20 membres présumés de l'EI, notamment deux femmes Françaises, sept Turcs, et trois Ukrainiens, a précisé l'Observatoire.

Dimanche, M. Bali a rapporté une progression des FDS sur le terrain lors "d'affrontements directs à l'arme légère", tandis que les jihadistes ont cédé des dizaines de positions et vu leurs "fortifications" détruites.

Le dernier carré jihadiste représente moins de 1% du "califat" autoproclamé par l'EI, qui s'étalait autrefois sur une superficie comparable à celle de la Grande-Bretagne.

Alors que l'EI est sur le point d'être défait, le sort de son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, demeure par ailleurs inconnu.

Donné pour mort à plusieurs reprises, un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier sur la messagerie Telegram via des comptes pro-EI.

"Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas d'informations sur une présence de Baghdadi en Syrie, et nous ne pensons pas qu'il s'y trouve", a affirmé le porte-parole des FDS.

- Retrait américain -

Le président américain Donald Trump a récemment pronostiqué la "libération" imminente de "100%" des territoires autrefois contrôlés par l'EI, ajoutant qu'une "annonce formelle" en ce sens pourrait intervenir très rapidement.

Une défaite de l'EI ouvrirait la voie au désengagement, annoncé en décembre par M. Trump, des quelque 2.000 militaires américains déployés en Syrie pour lutter contre les jihadistes.

Mais, en l'absence d'un engagement antiterroriste soutenu, il ne faudrait à l'EI que six à 12 mois pour entamer une "résurgence" et "reconquérir des territoires restreints", a mis en garde l'armée américaine dans un rapport publié ce mois.

Hormis son ultime réduit en déliquescence dans l'est syrien, l'EI n'a plus que des combattants dispersés dans le vaste désert s'étendant du centre du pays à Deir Ezzor.

Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers dont des attaques suicide. Il a également revendiqué des attentats à l'étranger, notamment en Occident.

Selon des analystes, l'EI a entamé sa mue en organisation clandestine en se cachant dans le désert ou en développant des "cellules dormantes" dans les territoires qu'il a perdus mais où il continue de sévir.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 360.000 morts. L'assaut final contre l'EI représente aujourd'hui le principal front, alors que les combats ailleurs ont fortement baissé en intensité.

Le régime de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie, contrôle désormais près des deux tiers du pays, après avoir enchaîné les victoires face aux rebelles et jihadistes.

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