Syrie : alerte maximale dans la ville kurde de Manbidj

Syrie : alerte maximale dans la ville kurde de Manbidj

Les Kurdes de Manbidj (Syrie) s'attendent à une offensive turque.

leparisien.fr, publié le mardi 03 avril 2018 à 23h32

Face à la menace d'une offensive de la Turquie, les soldats de la coalition internationale dont des Français et les forces kurdes consolident leurs positions.

Escarmouches quotidiennes, patrouilles de sécurité, nouvelles tranchées creusées : à Manbidj (parfois orthographiée Manbij ou Menbij), ville du nord syrien, les soldats de la coalition internationale emmenée par Washington et les forces kurdes qu'ils appuient consolident leurs positions face à la menace d'une offensive de la Turquie.

Depuis plusieurs semaines, le président turc Recep Tayyip Erdogan se montre intraitable. Il veut lancer ses forces contre la région de Manbidj, où sont pourtant stationnées des troupes américaines soutenant les combattants kurdes, fer de lance de la lutte contre Daech.

Des menaces à prendre au sérieux. L'armée d'Ankara et des supplétifs syriens ont récemment conquis Afrine au terme d'une offensive lancée le 20 janvier contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), classée groupe « terroriste » par Ankara mais alliée de Washington.

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Située à une trentaine de kilomètres de la frontière turque, la région de Manbidj est hautement stratégique. Difficile à croire quand on voit le paysage bucolique de petites collines s'étalant à perte de vue, parsemées de champs d'oliviers.

Pourtant, quelques centaines de mètres seulement séparent les territoires tenus par une force kurdo-arabe, jouxtant des régions aux mains des rebelles pro-turcs : à l'ouest, la ville d'Al-Bab, au nord, celle de Jarablos.

Des renforts français et américainsEt c'est la présence de troupes américaines et de la coalition internationale contre Daech, notamment des soldats français, stationnées dans une base aux abords de la ville de Manbidj et plusieurs avant-postes récemment fortifiés, qui permet de faire tampon entre les deux camps. Il y aurait près de 350 soldats de la coalition, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Outre ces renforts en hommes, la coalition a déployé de l'artillerie lourde et des équipements militaires, selon l'OSDH, mais aussi des responsables militaires sur le terrain. « Les effectifs présents à Manbidj ont été renforcés », confirme Khalil Moustafa, un commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de combattants kurdes et arabes dominée par les YPG.

Daech diminué mais toujours présent« Le terrorisme est encore présent », met en garde Abdel Karim Omar, haut responsable en charge des affaires étrangères au sein de l'administration semi-autonome kurde. Acculé dans d'ultimes réduits, Daech reste capable de mener des attaques meurtrières en Syrie. Selon lui, il serait « prématuré de parler d'un quelconque retrait américain du secteur », alors que Donald Trump a réitéré mardi sa volonté de retirer les troupes américaines de Syrie.

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La France a affirmé vendredi ne pas exclure « de reproportionner son intervention en Syrie [...] pour atteindre ses objectifs, uniquement dans le cadre de la coalition » internationale.

Mais Paris ne prévoit pas une nouvelle opération militaire dans le nord du pays en guerre, a souligné l'Elysée, au lendemain de déclarations de responsables kurdes affirmant que la France allait envoyer « de nouvelles troupes » à Manbidj.

Ankara avait sèchement refusé une médiation française pour trouver une solution au conflit fratricide avec les Kurdes.

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