Syrie: 40 camions chargés d'aides en attente

Chargement en cours
 Un vieil homme syrien montre le 1er mars 2018 une photo de famille qu'il a trouvée dans les décombres de sa maison à Kafr Batna, dans l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, près de Damas, bombardée par les forces du régime

Un vieil homme syrien montre le 1er mars 2018 une photo de famille qu'il a trouvée dans les décombres de sa maison à Kafr Batna, dans l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale, près de Damas, bombardée par les forces du ...

1/3
© AFP, AMER ALMOHIBANY

AFP, publié le vendredi 02 mars 2018 à 04h11

Plus de 40 camions chargés d'aides n'ont toujours pas pu pénétrer dans l'enclave rebelle dans la Ghouta orientale --assiégée depuis 2013 par les forces syriennes--, suscitant de nouveaux appels en faveur d'un cessez-le-feu conformément à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU votée samedi et non suivie d'effet.

Les Etats-Unis ont appelé jeudi la Russie à faire pression sur le régime du président syrien Bachar al-Assad pour qu'il respecte le cessez-le-feu dans cette enclave, jugeant son échec "inquiétant".

"L'échec du cessez-le-feu fait douter de la détermination de la Russie à faire baisser la violence et négocier un règlement politique", a déclaré la porte-parole du Pentagone, Dana White, au cours d'un point de presse.

De leur côté, les forces syriennes et russes maintiennent la pression militaire sur cette zone d'une centaine de kilomètres carrés qui constitue le dernier bastion rebelle aux portes de Damas, leur trêve unilatérale controversée n'ayant toujours pas eu les conséquences humanitaires escomptées sur le terrain. 

Le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU pour la Syrie, Jan Egeland, a toutefois dit espérer pouvoir livrer de l'aide à Douma, la plus grande ville de l'enclave rebelle, "d'ici quelques jours". 

Il a estimé néanmoins que la pause de cinq heures décrétée lundi par la Russie, alliée du président Assad, n'était "pas suffisante".

Cette "pause" quotidienne de cinq heures a entraîné une baisse d'intensité des bombardements de l'aviation et de l'artillerie du régime qui ont tué au moins 613 civils en 11 jours, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Mais comme les deux derniers jours, les bombardements du régime ont repris jeudi à la fin de cette pause à 14H00 (12H00 GMT) selon l'OSDH, alors que des affrontements se poursuivaient entre régime et groupes rebelles.

- Civils sous les décombres -

"Les forces du régime ciblent les villes de Douma, Arbine, Harasta et Hammouriyé", tandis que dans le secteur d'Al-Marj, une ligne de front, les affrontements continuent entre le régime et Jaich al-Islam, l'une des principales factions rebelles, a indiqué l'OSDH.

Quant au couloir humanitaire établi au niveau du secteur d'Al-Wafidine, mis en place à la faveur de cette pause pour permettre l'évacuation des civils ou des blessés et l'entrée des aides, il est resté globalement vide pour la troisième journée consécutive. 

Seuls deux Pakistanais, un septuagénaire et son épouse installés depuis des années en Syrie, ont été évacués mercredi, selon le Croissant-Rouge syrien.

L'armée russe a accusé jeudi les groupes rebelles d'empêcher les civils de quitter l'enclave.

"Ces trois derniers jours, les gens n'ont pas pu quitter la Ghouta orientale. Des formations armées illégales les ont pris en otage et ne les laissent pas partir", a indiqué l'armée russe dans un communiqué, affirmant que des "dizaines" de personnes avaient tenté de partir.

Ce que les rebelles ont démenti en soulignant, comme certains civils, que les habitants avaient peur de se retrouver aux mains du régime, ou de mourir sous les frappes. 

Des combats au sol entre forces du régime et Jaich al-Islam ont eu lieu par ailleurs jeudi à Chifouniya, dans le nord-est de l'enclave largement détruite ces derniers jours.

"Il n'y a pratiquement pas de vie là-bas, la zone est complètement détruite et des civils sont ensevelis sous les décombres", a déclaré à l'AFP Siraj Mahmoud, porte-parole des secouristes des Casques blancs, qui opèrent en zones rebelles. 

Mais le bilan humain de cette campagne lancée le 18 février a continué d'augmenter même après la "pause humanitaire", plusieurs corps ensevelis sous les décombres et inaccessibles sous le déluge de feu ayant été retirés ces derniers jours, outre des civils tués au quotidien.

- Corps ensevelis -

A Hazeh, une localité de la Ghouta orientale, une frappe aérienne a touché le 20 février un bâtiment, dont une partie s'est entièrement effondrée sur les sous-sols, où 21 personnes s'étaient réfugiées. Les secouristes ont réussi à retirer seulement six dépouilles jusque-là. 

Selon les Nations unies, les trois quarts des habitations dans l'enclave rebelle ont été endommagées, tandis que des centaines de civils blessés ou malades ont besoin d'être évacués d'urgence. 

Les quelque 400.000 habitants de l'enclave subissent au quotidien pénurie de nourriture et de médicaments, en raison du siège asphyxiant imposé par le régime.

Le régime, soutenu militairement par la Russie depuis 2015, cherche à reprendre coûte que coûte l'enclave rebelle d'où des obus sont tirés sur Damas.

Déclenché le 15 mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques prodémocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 340.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.

 
6 commentaires - Syrie: 40 camions chargés d'aides en attente
  • ce que j'aime bien aussi est que les médias s'évertuent à montrer inlassablement du doigt l'armée syrienne....pas un mot sur les retenues de civils de la part des rebelles

  • Qui peut vraiment croire que sur 400 000 personnes pas une seule n'arriverait à s'échapper ?! Facile d'insinué qu'ils seraient retenu en otage ! Vous avez une idée des moyens qu'il faudrait déployer pour avoir autant de prisonniers ? Arrêtez de nous prendre pour des billes !

    avatar
    humaminor  (privé) -

    Plusieurs explications sont possibles, ou les 400 000 personnes sont tous des rebelles, ou ils sont beaucoup moins nombreux, ou les civils qui ont fait allégeance depuis longtemps aux rebelles pour survivre sont conditionnés par les rebelles, n’osent pas risquer leur vie pour se libérer. Un couloir est facile à surveiller surtout en temps de guerre. Mossoul a connu le même problème de bouclier humain, pas la même médiatisation.

    Bourreau ?
    daesh c'est ?
    le bataclan pour exemple .

    07.03.18 10:24

    que le supporter des djihadistes prouve que les deux individus que j'ai cité n'existent pas et que la terre est plate .... hi hi

    07.03.18 10:24

    que le même nous prouve aussi que ces affirmations argumentées du Président de l'Institut Scandinave des Droits de L’homme, opposant syrien démocratique sur cette fameuse ONG soi disant indépendante mais noyautée par les frères musulmans sont inexactes

    Etant donné , vous connaissance des conflits urbains entre guillemets qui peut croire uniquement vous !

  • avatar
    humaminor  (privé) -

    Un article estampillé OSDH finissant par le rituel message pro révolution: la répression d'une manifestation pacifique prodémocratique, est à décrypter. Qui sont réellement les rebelles de la Ghouta? Un jour ils sont d’al Nosra, puis appelé Faylaq al Rahamane aujourd’hui c’est Jaich al Islam. Dans tous les cas al Nosra c’est al Quaida, Faylaq al Rahamane représente les frères musulmans et Jaich al Islam sont des djihadistes salafistes. Soutenir ces gens appelés rebelles en Syrie, qui n’importe où ailleurs seraient nommés terroristes, pour installer une démocratie en Syrie n’a aucun sens.

  • "Déclenché le 15 mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques prodémocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 340.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes".
    Répétez inlassablement un mensonge et il deviendra vérité. On a fait la même chose avec Benghazi et Maïdan ....

    avatar
    Steppenwolf  (privé) -

    c'est ce qu'on appelle "la pensée magique".
    "Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques prodémocratie ......"
    il va falloir que l'afp nous explique comment en 2011 des manifestants "pacifiques" se sont soudainement transformés en farouches combattants super armés et super entrainés pour résister à une armée gouvernementale aussi puisante de l'armée syrienne et aussi qu'afp nous dise si al nosra (al qaïda en Syrie) et daesch sont des "prodémocratie" ainsi que tous les groupes terroristes qui se sont alliés avec eux ?
    on peut dire sans crainte de se tromper que le "printemps arabe en Syrie" est le plus gros fake news colporté par les mass médias occidentaux depuis la création des réseaux sociaux.

  • Les grands médias occidentaux ne décrivent pas ce qui ce passe réellement dans la Goutta mais nous donnent sans cesse un discours biaisé qui a pour objectif évident de faire passer le gouvernement syrien et son armée pour les méchants tout en donnant une image favorable des "rebelles" qui sont en fait des islamistes radicaux de la pire espèce.
    Le problème est de savoir pourquoi on nous sert cette désinformation tous les jours. Qui cherche-t-on à protéger par ces mensonges ??