Sur le fleuve Rouge d'Hanoï, les travailleurs des campagnes logés sur des péniches de fortune

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Une péniche de travailleurs migrants sur la rivière Rouge à Hanoï, le 8 septembre 2019 au Vietnam
Une péniche de travailleurs migrants sur la rivière Rouge à Hanoï, le 8 septembre 2019 au Vietnam
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© AFP, Manan VATSYAYANA

AFP, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 07h11

Sur le fleuve Rouge à Hanoï, de longues péniches rudimentaires recouvertes de tôle et de bâches abritent des dizaines de travailleurs venus des campagnes dans l'espoir de gagner chaque jour quelques dollars supplémentaires.

La vie à bord est difficile: sans électricité, sans eau courante, protégés des intempéries par de simples bâches, ils dorment dans des espaces exigus sur de minces nattes séparées uniquement par des moustiquaires.

Une nuit dans ces dortoirs à ciel ouvert coûte une quarantaine de centimes d'euro.

Chaque année, plus de 260.000 personnes affluent vers Hanoï et Hô Chi Minh-Ville pour étudier ou travailler en ville où les salaires moyens sont le double de ceux perçus à la campagne.

La plupart occupent des emplois temporaires dans le secteur de la construction, comme domestiques, gouvernantes ou commerçants, puis retournent dans leur campagne. 

Nguyen Thi Hong dort plusieurs semaines par mois dans une des péniches.

"Je me suis installé ici parce que je ne pouvais pas gagner assez d'argent pour élever mes enfants" lorsque j'étais employée dans une usine de confection à Ba Vi, à une soixantaine de kilomètres de Hanoï, pour deux dollars par jour, raconte-t-elle à l'AFP.

En ville, en vendant des fruits dans les rues ou sur les étals du marché, elle peut espérer gagner quatre fois plus.

Han Van Hoa, 54 ans, vient aussi régulièrement travailler dans la capitale et dort sur un bateau-dortoir avec sa femme depuis une dizaine d'années.

"C'est comme une grande maison, nous pouvons partager nos problèmes les uns avec les autres. Si je suis dans une situation difficile, je peux facilement emprunter de l'argent", raconte-t-il.

Au fil du temps, Han Van Hoa a vu Hanoï se transformer: la ville communiste, traditionnelle et paisible, est aujourd'hui une capitale en plein boom économique.

Mais les petits vendeurs qui habitent sur le fleuve ne profitent guère de cette croissance.

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