Soupçons d'euthanasie : la justice enquête sur 20 morts suspectes dans un Ehpad du Doubs

Soupçons d'euthanasie : la justice enquête sur 20 morts suspectes dans un Ehpad du Doubs
Des pensionnaires d'un Ehpad parisien, le 5 juillet 2018 (illustration)

Orange avec AFP-Services, publié le samedi 16 février 2019 à 09h30

Le parquet de Besançon a ouvert une enquête vendredi 15 février dans une maison de retraite de Pontarlier, où une vingtaine de pensionnaires sont décédés dans des circonstances suspectes.

Une première enquête pour "homicide involontaire" avait déjà été initiée fin janvier, après la mort à l'été 2018 d'une nonagénaire, qui résidait dans ce même Ehpad du Larmont. La famille de la pensionnaire avait effectué un signalement auprès de l'Agence régionale de santé (ARS). 

Désormais, une nouvelle enquête en cours, avec pour objectif de faire la lumière sur les causes de la mort d'une vingtaine de résidents.

"J'ai décidé d'ouvrir une enquête pour recherche des causes de la mort, après une surmortalité de patients constatée dans cet établissement", a déclaré vendredi le procureur de la république de Besançon, Étienne Manteaux, à l'AFP.



Un médicament utilisé pour des euthanasies ?

Les dossiers des 20 pensionnaires décédés ont été saisis jeudi par les enquêteurs de la police judiciaire de Besançon. Un médecin légiste devra étudier chaque cas, a précisé le procureur. 


L'enquête devra déterminer s'il y a eu un usage excessif du midazolam, un puissant sédatif utilisé pour les procédures d'euthanasie, dans le traitement des patients. "Y-a-t-il eu ou non euthanasie ? Si c'est le cas, a-t-elle eu lieu dans le cadre" légal, s'est interrogé le procureur de la République.

"Le cadre de la loi Leonetti sur la fin de vie est très précis. Il autorise l'utilisation de certaines molécules dans un protocole associant la famille du patient en fin de vie et nécessite toujours un double avis médical, en vue de la prise d'une décision", a insisté le magistrat. Un médecin de l'Ehpad a été temporairement mis à pied, comme c'est l'usage dans ce genre de procédure.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.