Sommet Trump-Kim : une rencontre historique... et des questions

Sommet Trump-Kim : une rencontre historique... et des questions
À 3 heures du matin, heure française, ce mardi, Donald Trump et Kim Jong-un ont échangé une première poignée de mains chaleureuse.

leparisien.fr, publié le mardi 12 juin 2018 à 22h46

En dépit de l'accord entre le président américain et Kim Jong-un, le chemin vers la dénucléarisation de la Corée du Nord sera long.

Des sourires et des tapes dans le dos... Il semble loin le temps où Donald Trump et Kim Jong-un s'insultaient, se menaçant mutuellement. Ce mardi matin, dans le cadre d'un luxueux hôtel de Singapour, le président américain et le dictateur nord-coréen ont, cette fois, affiché leur bonne entente.

Cette rencontre historique marque un tournant dans les relations conflictuelles entre États-Unis et la Corée du Nord (jamais leurs plus hauts dirigeants ne s'étaient rencontrés). Et elle ouvre une nouvelle période de négociation dont l'objectif, désormais gravé dans le marbre, est de parvenir à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Mais derrière la belle image et l'excitation affichée par Donald Trump, de nombreuses questions restent en suspens.

Comment s'est déroulée la rencontre ?

À l'heure prévue, 3 heures du matin, heure française, Trump et Kim ont échangé une première poignée de mains chaleureuse, qui a précédé un tête à tête de 38 minutes, avant que les deux leaders ne soient rejoints par leurs délégations. Le président américain, qui avait juré quelques jours plus tôt qu'il saurait « dès la première minute » si la rencontre serait un succès, s'est vite dit certain d'avoir une « relation formidable » avec Kim.

Au bout de cinq heures d'échange et après avoir partagé un déjeuner composé de plats asiatiques et occidentaux (dont une tarte tropézienne au dessert), Trump et Kim ont signé face aux caméras du monde entier une déclaration commune.

Que prévoit ce texte ?

Dans cette déclaration -non contraignante car elle n'a pas été ratifiée dans un cadre international- la Corée du Nord « s'engage à œuvrer pour la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». « Complète », mais les termes « vérifiable » et « irréversible » ne figurent pas dans le texte comme le souhaitait pourtant Donald Trump.

« C'est une concession majeure faite par les États-Unis mais à l'inverse, la Corée voulait uniquement une dénucléarisation, le terme utilisé est donc un compromis », indique Antoine Bondaz, chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique.

Se dirige-t-on forcément vers la fin du conflit ?

Il faut rester prudent. Aucun calendrier n'a été fixé. Et les engagements pris sont assez vagues. Selon Donald Trump, Kim Jong-un a, toutefois, promis de « détruire » un site d'essai balistique « très prochainement ». Et si, de son côté, le président américain a assuré que les exercices militaires avec la Corée du Sud allaient cesser, il est resté ferme sur les sanctions financières qui sont maintenues.

Qui ressort vainqueur de cette rencontre ?

Chaque partie a des sources de satisfaction. Kim Jong-un y a gagné en légitimité. « Cette reconnaissance internationale a été recherchée en vain par son père et son grand-père et va lui permettre d'accroître sa légitimité en interne », analyse Antoine Bondaz.

De son côté, Donald Trump se différencie de ses prédécesseurs en signant un texte d'accord conjointement avec le leader nord-coréen. Quant aux pays limitrophes (Japon, Corée du Sud), ainsi que la communauté internationale, ils peuvent se satisfaire d'un retour à la paix au minimum temporaire dans la région.

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