"Sois un homme" demande à Boris Johnson son rival dans la course à Downing Street

"Sois un homme" demande à Boris Johnson son rival dans la course à Downing Street
Montage des photos du ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt (gauche) et de l'ancien maire de Londres Boris Johnson (droite), qui se disputent la tête du parti conservateur.

AFP, publié le lundi 24 juin 2019 à 16h30

"Sois un homme": le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt, candidat au poste de Premier ministre, a pressé lundi son rival Boris Johnson, embourbé dans une affaire de scène de ménage, de ne pas fuir les questions.

Les deux rivaux, engagés dans la course à la succession de la Première ministre conservatrice Theresa May, ont été invités par SkyNews à un débat télévisé mardi mais Boris Johnson a décliné. En son absence, l'émission n'aura pas lieu, a indiqué la chaîne.

Ce refus a donné du grain à moudre à ses détracteurs qui accusent régulièrement l'ancien maire de Londres, favori pour succéder à Mme May, de fuir les apparitions médiatiques en présence de contradicteurs.

Le "débat auquel Boris a été invité aura lieu demain soir sur SkyNews. J'y serai. Alors ne sois pas un lâche Boris, sois un homme et montre à la nation comment tu es capable de répondre à l'examen minutieux qu'implique la fonction la plus difficile du pays", a déclaré Jeremy Hunt dans le Times.

L'attaque s'inscrit dans le droit fil de la stratégie de campagne de M. Hunt, qui joue la carte du candidat "sérieux", face à un Boris Johnson traînant derrière lui une longue liste de gaffes.

Dans le Times, M. Hunt refuse cependant d'évoquer la récente scène de ménage entre Boris Johnson et sa compagne Carrie Symonds, la semaine dernière.

"Débattre de la vie privée de Boris de m'intéresse pas. Mais je veux l'interroger sur la façon dont il peut +garantir+ que nous quitterons l'UE le 31 octobre si le Parlement vote contre un +no deal+ (ndlr: un Brexit sans accord avec Bruxelles)", déclare M. Hunt.

Initialement prévu le 29 mars, le Brexit a été repoussé au 31 octobre après trois rejets par les députés britanniques de l'accord de divorce négocié avec Bruxelles par Theresa May.

Alors que M. Hunt n'exclut pas un nouveau bref report, si un accord renégocié est à portée de main, Boris Johnson a répété lundi que le Royaume-Uni devait quitter l'UE le 31 octobre "quoi qu'il arrive", dans sa tribune hebdomadaire dans le Telegraph. "Cette fois, nous ne reculerons devant la peur de la sortie", a-t-il insisté.

Un "no deal" pourrait toutefois lui coûter cher, a prévenu sur la BBC le secrétaire d'Etat à la Défense, Tobias Ellwood, selon qui une douzaine de députés conservateurs pourraient se joindre à l'opposition travailliste pour voter une motion de censure et faire tomber le gouvernement.

Les dernières déclarations de Boris Johnson sur le Brexit étaient interprétées par une partie de la presse britannique comme une tentative de faire diversion après sa querelle avec sa compagne, l'affaire continuant de faire copieusement parler lundi.

Vendredi, la police londonienne s'était rendue au domicile du couple après avoir reçu un appel d'un voisin faisant état d'une bruyante dispute, de hurlements et de claquements de porte.

Selon la presse, "BoJo" et Mlle Symonds, une spécialiste en communication, auraient quitté l'appartement, devant lequel une poignée de manifestants anti-Boris Johnson s'était rassemblée dimanche.

Or Boris Johnson, 55 ans, et sa compagne de 31 ans, se trouvaient dimanche à la campagne, à en croire en tout cas une photo publiée par le tabloïd Daily Mail, et reprise en une par le Evening Standard, montrant le couple main dans la main, semblant filer le parfait amour.

Un cliché presque trop parfait aux yeux de certains commentateurs, qui s'interrogeaient sur la possibilité d'une mise en scène.

MM. Hunt et Johnson seront départagés d'ici la fin juillet par les 160.000 membres du Parti conservateur.

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