Sanctions ou pas, l'Iran fait face à des "défis chroniques", dit un dirigeant

Sanctions ou pas, l'Iran fait face à des "défis chroniques", dit un dirigeant
Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, lors d'une conférence de presse à Téhéran, le 3 décembre 2018

AFP, publié le lundi 03 décembre 2018 à 14h54

L'Iran fait face à des "défis chroniques" qui existaient bien avant que les États-Unis réimposent des sanctions contre la République islamique, a déclaré lundi le président du Parlement iranien, Ali Larijani.

"Notre économie est assurément touchée par des facteurs extérieurs mais il y a aussi des problèmes qui existent de longue date", a dit M. Larijani lors d'une conférence de presse à Téhéran. 

Il a énuméré une liste de "défis chroniques", parmi lesquels "un État trop gros et coûteux", le niveau très élevé des taux d'intérêts qui "perturbe la production", un système d'assurance-vieillesse proche de la faillite, et la crise de l'eau.

Les États-Unis ont réimposé depuis août, en deux salves, des sanctions économiques contre Téhéran, conséquence de la décision du président américain Donald Trump de dénoncer unilatéralement en mai l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à l'issue d'âpres négociations.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB de la République islamique devrait reculer de 1,5% en 2018 et de 3,6% en 2019, pour une large part à cause d'une baisse des ventes de pétrole de l'État iranien, provoquée par les sanctions américaines.

Influent au sein du pouvoir iranien, M. Larijani, un conservateur, est un allié politique du président Hassan Rohani, qui passe pour un modéré et est à l'origine, côté iranien, de l'accord de 2015.

Lors de sa conférence de presse, le président du Parlement a écarté la proposition formulée par M. Trump de renégocier un nouvel accord sur la question nucléaire.

"Nous entendons deux types de mots creux de la part du président américain: d'un côté des paroles sans valeur et de l'autre l'idée selon laquelle ils seraient prêts à des négociations", a-t-il dit. 

"Mais n'avons-nous pas négocié?" a ajouté M. Larijani. "Quand un pays ne respecte pas les accords internationaux, comment pouvons-nous lui faire confiance?"

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