Salvador: remise en liberté d'une femme emprisonnée pour un avortement

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La Salvadorienne, Sara Rogel, condamnée à 30 ans de prison pour un avortement qualifié d'homicide aggravé, sort de la prison de Zacatecoluca, le 7 juin 2021
La Salvadorienne, Sara Rogel, condamnée à 30 ans de prison pour un avortement qualifié d'homicide aggravé, sort de la prison de Zacatecoluca, le 7 juin 2021
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© AFP, Marvin RECINOS

publié le mercredi 09 juin 2021 à 17h05

La Salvadorienne Sara Rogel, condamnée à 30 ans de prison pour un avortement qualifié d'homicide aggravé, est sortie de prison lundi après qu'un tribunal lui a accordé une libération conditionnelle anticipée, a constaté l'AFP.

Vêtue de blanc, Mme Rogel, 28 ans, est sortie d'une prison pour femmes à la périphérie de la ville de Zacatecoluca, à 56 km au sud-est de San Salvador.

Elle a été accueillie par des membres de sa famille et par Karla Vaquerano, avocate du Groupe citoyen pour la dépénalisation de l'avortement thérapeutique, éthique et eugénique (ACDATEE), qui a soutenu Mme Rogel.

L'avocate s'est rendue à la prison pour remettre le verdict du tribunal qui ordonne la remise en liberté de sa cliente. Après plusieurs heures d'attente, Mme Rogel a quitté l'établissement après avoir fait ses adieux à d'autres femmes emprisonnées.

Vendredi, le bureau du Procureur général a annoncé qu'il ne ferait pas appel de la décision du tribunal qui avait prononcé la libération conditionnelle anticipée quelques jours auparavant.

"Elle a été privée de liberté pendant près de neuf ans, pour une peine que nous pensons lui avoir été injustement infligée", a déclaré l'avocate Vaquerano.

Les événements qui l'ont conduite en prison se sont produits en 2012.

Mme Rogel, alors étudiante de 20 ans et enceinte de huit mois, a glissé en lavant du linge dans l'arrière-cour de sa maison, à Santa Cruz Analquito, à 44 km à l'est de San Salvador, selon l'ACDATEE.

La famille l'a retrouvée inconsciente et l'a dépêchée à l'hôpital de la ville de Cojutepeque, où elle a été soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement. Elle a aussitôt été emprisonnée par les autorités.

Un tribunal l'a inculpée d'homicide aggravé et l'a condamnée à 30 ans de prison, mais, après plusieurs interventions légales de l'ACDATEE, la justice a réduit la peine à 10 ans de prison, qui devaient arriver à échéance en octobre 2022.

Le code pénal salvadorien interdit l'avortement dans tous les cas et prévoit des peines allant jusqu'à huit ans de prison.

Cependant, les procureurs et les juges classent les cas d'avortement, y compris involontaire, comme "homicide aggravé", passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 50 ans de prison.

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