Sahel : Emmanuel Macron annonce la "fin" de Barkhane "en tant qu'opération extérieure"

Sahel : Emmanuel Macron annonce la "fin" de Barkhane "en tant qu'opération extérieure"
Emmanuel Macron, le 10 juin 2021, à Paris

publié le jeudi 10 juin 2021 à 19h10

Le chef de l'Etat a déclaré un "changement de modèle" à venir dans la stratégie de lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel, où les attaques de groupes armés ont fait des centaines de morts.

Près de sept années après son lancement par François Hollande en août 2014, Emmanuel Macron a annoncé jeudi 10 juin la "fin" prochaine de l'opération Barkhane "en tant qu'opération extérieure", dans le cadre d'une "transformation profonde" de la présence militaire française au Sahel, et la mise en place d'une alliance internationale antijihadiste dans la région.


Ce "changement de modèle" devrait se traduire par la fermeture de bases de l'armée française, avec une priorité donnée aux forces spéciales. Ces dernières seront "structurées autour de (l'opération) Takuba avec évidemment une forte composante française", qui "aura vocation à faire des interventions strictement de lutte contre le terrorisme", a t-il précisé.

"Les modalités et le calendrier seront précisés dans les semaines à venir" a indiqué le président de la République.  Ce "nouveau cadre" consistera en une "opération d'appui et de soutien aux armées des pays de la région qui le souhaitent et de la mise en oeuvre d'une alliance internationale strictement concentrée sur la lutte contre le terrorisme".

Incertitude politique dans la région

Paris déploie pour l'heure quelque 5.100 soldats contre les jihadistes affiliés au groupe Etat islamique et à Al-Qaïda, un soutien de taille aux armées affaiblies des Etats du Sahel qui peinent à les combattre seules. Mi-février, lors d'un sommet à N'Djamena avec les partenaires du G5 Sahel (Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie), le président français avait annoncé que Paris ne comptait pas réduire "dans l'immédiat" les effectifs de Barkhane. Il avait toutefois esquissé une stratégie de sortie, à la faveur de renforts européens prêts à les rejoindre, alors que la France combat massivement les jihadistes au Sahel depuis début 2013.

La situation s'est compliquée ces dernières semaines, d'une part avec la mort brutale du président Idriss Déby au Tchad, et surtout le deuxième coup d'Etat en huit mois au Mali, pays central de l'opération Barkhane. Les soubresauts politiques au Mali interrogent la présence française notamment car une partie des dirigeants maliens souhaitent entamer un processus de négociation avec certains groupes jihadistes.

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