Russie : neuf ans de camp requis contre un historien spécialiste du Goulag

Russie : neuf ans de camp requis contre un historien spécialiste du Goulag

Un homme visite un musée consacré au Goulag à Moscou, le 30 octobre 2015

AFP, publié le mardi 20 mars 2018 à 15h40

Le Parquet russe a requis mardi neuf ans de camp contre l'historien russe Iouri Dmitriev, membre de l'ONG Mémorial et connu pour ses recherches sur les personnes ayant disparu pendant la terreur stalinienne, accusé de pédopornographie, a déclaré à l'AFP son avocat.

"L'affaire pénale comme la décision de la procureure ne sont pas fondées sur la loi. Elles sont fondées sur d'autres motivations", a ajouté Me Viktor Anoufriev, après une audience à Petrozavodsk, dans le nord-ouest de la Russie.

Iouri Dmitriev, 62 ans, dirige l'antenne de Mémorial en Carélie, une région russe frontalière de la Finlande. Le 13 décembre 2016, il avait été arrêté, accusé par les enquêteurs d'avoir réalisé des images "pornographiques" de sa fille adoptive.

L'historien, qui rejette toutes les accusations, a toujours assuré avoir pris ces photos à des "fins médicales" pour suivre l'évolution de la fillette, qui était extrêmement maigre et maladive dès sa naissance.

Il avait été remis en liberté fin janvier tandis que son procès se poursuivait, ce que Me Anoufriev avait alors qualifié de "pas vers la victoire", tandis que les soutiens de l'historien y voyaient une conséquence de la faiblesse des preuves à charge.

Pendant près de 30 ans, Iouri Dmitriev a dressé la liste de 40.000 noms de personnes exécutées et déportées en Carélie pendant la terreur stalinienne. Il est également à l'origine de la découverte de l'un des plus grands charniers de la région, à Sandarmokh, où ont été fusillées environ 9.000 personnes.

En 2003, il a retrouvé les lieux de dernière sépulture de milliers de prisonniers ayant participé à la construction du canal de la mer Blanche entre 1931 et 1933. Trois ans plus tard, il a découvert les fosses communes comportant les corps des détenus du camp de travail des îles Solovki (Nord).

Le travail de mémoire reste difficile en Russie plus de 80 ans après l'apogée de la terreur stalinienne, qui a fait des millions de victimes, des personnes exécutées, envoyées au Goulag, déportées dans des régions insalubres ou ayant succombé à la famine.

Les autorités russes, Vladimir Poutine en tête, ont été souvent accusées de minimiser les aspects les plus sombres du passé soviétique au nom de l'unité nationale.

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14 commentaires - Russie : neuf ans de camp requis contre un historien spécialiste du Goulag
  • D'abord, si c'est comme en France, Neuf ans requis par un procureur, ça équivaut à une tape sur les doigts Ensuite, nonobstant les remarques du russophobe en chef, Je ne vois pas le rapport entre une inculpation pour pédopornographie, même si elle n'est pas justifiée, et son travail d'historien. Par contre, il pourrait y en avoir avec son appartenance à un organisme directement financé par le gouvernement américain et la C.I.A., vu les relations un peu tendues...

  • il y a beaucoup à dire; mais d'un coté il y a des ONG financé par, vous savez comme moi, qui financent des historiens, dont les travaux sont sérieux d'ailleurs, mais sont malheureusement souvent politiquement orienté; et de l'autre, il y a le tabou du Stalinisme, et du Communisme en général. En Russie l'on ne touche pas à ces choses là, Staline est le grand vainqueur de 1945 et le père de l'URSS moderne. Dans la réalitée, comme dans le cœur des Russes.
    En France aussi d'ailleurs, lors de son premier septennat, Mitterrand avait voulu créer un musée de la révolution Française, les historiens l'en ont dissuadé, argent que d'une part bien des faits ce voulant historique restait encore à prouver (tel le cas du petit Barra), et de l'autre dans certaine région le deuil des massacres et autres exécutions n'était encore pas fait; deux siècles après. Alors comment voulez vous que trente ou cinquante ans après l'URSS puisse être étudié sans passion ?

  • Mieux vaut ne pas dire la vérité dans ce pays.

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    Rodrigu  (privé) -

    En France non plus....

  • Qu'il prenne des photos de son enfant pour suivre l'évolution de son état, cela ne m'étonne pas, les médecins le font pour le cancer de la peau, le mélanome, par exemple. Il s'est fait condamner car il gêne Poutine qui cherche à cacher ou minimiser tous les méfaits de la période communiste (et ils sont nombreux). Tous ces charniers vont à l'encontre de la "grande" Russie que Poutine essaie de ressusciter. Et si l'on parlait de tous les cadavres dont Poutine est le commanditaire? Voilà sa crainte également. Et il vient d'être joyeusement réélu par des aveugles. Le monde n'estdécidement pas enthousiasment!

    La terreur Stalinienne est une époque bien connue des historiens, et il n'y a plus grand-chose à cacher ou a découvrir ! Et regardez chez nous, on porte aux nues un homme comme Napoléon, qui a mis l'Europe à feu et a sang...Si vous voulez trouver un mobile à Poutine, il va falloir chercher ailleurs !

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    Rodrigu  (privé) -

    Si vous voulez nous pouvons parler du génocide vendéen et breton occulté par les historiens et la république française.....

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    Rodrigu  (privé) -

    Et quant aux cadavres de Poutine comme vous dites, parlez plutôt des cadavres après l'interventionnisme US dans différents pays, et on reparle de démocratie si vous voulez.....

    Rodrigu, il faut aller vivre dans le paradis des soviets.
    C'est vrai que la Russie n'a jamais opprimé personne. A part quelques centaines de millions de serfs ( mais oui) parqués derrière le rideau de fer, avec 100millions de morts.

    un futé qui a "oublié" de mettre sa pendule à l'heure depuis 1989

    un grand futé qui a "oublié" de mettre sa montre à l'heure depuis la disparition des républiques sovietiques en 1989

  • Il va pouvoir approfondir son sujet mais, trêve de plaisanterie, est-ce mérité car cela me semble le tarif pour un crime, à moins qu'il y ait encore la peine de mort, ce qui ne m'étonnerait pas car la Russie est un pays qui se protège, pas comme nous avec nos bons sentiments envers ceux qui n'en ont aucun