Russie: des médias boycottent le Parlement après un scandale de harcèlement sexuel

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 Une femme manifeste devant la Douma, chambre basse du Parlement russe, avec une affiche "Bas les pattes des femmes journalistes", le 21 mars 2018

Une femme manifeste devant la Douma, chambre basse du Parlement russe, avec une affiche "Bas les pattes des femmes journalistes", le 21 mars 2018

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© AFP, Vasily MAXIMOV

AFP, publié le jeudi 22 mars 2018 à 13h20

Des médias russes ont annoncé jeudi qu'ils boycottaient désormais le Parlement russe et retiraient leurs journalistes accrédités pour protester contre la décision d'une commission de disculper un député accusé de harcèlement sexuel.

Réunie mercredi pour examiner les accusations portées contre Léonid Sloutski par des journalistes femmes, la commission d'éthique de la Douma, la chambre basse du Parlement, "n'a pas trouvé de violations des règles de comportement" chez ce député pro-Kremlin.

"Avec cette décision, la commission d'éthique a de facto reconnu comme normale la possibilité de harceler sexuellement les journalistes", a dénoncé sur son site le groupe RBK, annonçant "le retrait de tous ses journalistes (site web, chaîne de télévision, quotidien, magazine) qui couvrent les activités de la Douma".

La chaîne de télévision Dojd, proche de l'opposition, a annoncé prendre la même décision, qualifiant dans un communiqué la décision de la commission d'"inacceptable et humiliante".

La Douma est "désormais considérée comme un lieu de travail dangereux pour les journalistes des deux sexes (vous ne savez jamais quelles sont les préférences d'un député)", a abondé sur Telegram la radio indépendante Ekho Moskvy.

Ekho Moskvy (Echo de Moscou) a également retiré ses journalistes de la chambre basse, après une déclaration du président de la Douma Viatcheslav Volodine qui avait conseillé aux journalistes incommodées de changer de travail.

La radio Govorit Moskva et le sites d'information Znak ont emboîté le pas en annonçant le boycott de la Douma par leurs journalistes, tout comme la chaîne de télévision RTVI dont la vice-présidente, Ekaterina Kotrikadzé, avait affirmé fin février avoir été harcelée sexuellement par Léonid Sloutski en 2011.

"Nous sommes surpris et déçus par la décision de la commission (...) qui a transformé la réunion en procès des victimes", avait déclaré mercredi soir la rédaction du quotidien Kommersant qui a annoncé ne plus couvrir les activités de M. Sloutski, hormis celles se rapportant aux accusations de harcèlement sexuel, à l'instar des autres médias, comme le site d'informations Lenta.ru.

"Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons changer la situation", a déclaré le rédacteur en chef de Dojd, Alexandre Perepelov, appelant les autres médias russes à rejoindre le mouvement de boycott.

Le quotidien des affaires Vedomosti a annoncé de son côté que ses journalistes n'auraient plus de contact direct avec le député Sloutski et avec les membres du comité d'éthique de la Douma.

Les médias participant au boycott n'auront pas leurs accréditations renouvelées après leur expiration, a prévenu M. Volodine lors d'un point-presse.

Interrogé par des journalistes, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part refusé de commenter, estimant qu'il s'agissait d'une affaire interne à la Douma.

Les accusations portées contre Léonid Sloutski constituaient le premier cas médiatique de scandale de harcèlement sexuel en Russie depuis l'émergence, après l'affaire du producteur hollywoodien Harvey Weinstein, du mouvement #MeToo. Elles ont incité plusieurs femmes à s'exprimer sur le sujet, dans un pays où les cas de harcèlement sont souvent relativisés ou traités avec ironie.

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5 commentaires - Russie: des médias boycottent le Parlement après un scandale de harcèlement sexuel
  • On dirait qu'Il demandait des faveurs en échanges de passe-droit On dirait que ces journalistes sont peut-être plus du côte gauche au service de Daesch que de l'autre côté et qu'ils font les vierges effarouchés dans ce cas là alors que ça ne les dérange pas avec les ennemis de l'humanité..

  • Bravo les membres de la douma!

  • Pays de barbares, n'est ce pas...

  • Et bien azède, pas de réactions? C'est vrai que Sloutski est membre d'un parti politique opposé au dictateur, et que dans le libellé de son nom de parti, il y a les deux mots magiques: libéral et démocrate.

    désolé de vous corriger vladitch, mais le parti de Sloutski se situe très( très) à droite est est pro Poutine, pas du tout opposé
    D'autre part, Maria Zakharova, porte parole du ministère des affaires etrangères, et donc pas soupsonnable de rouler pour l'opposition, a elle aussi affirmé avoir subi du harcèelement de ce député
    Otari Archba, président de la commission d'éthique de la douma étant lui même un poutinien, s'est empressé de couvrir son allié. Petit service entre amis, et tant pis pour la dignité des femmes (même celles de son propre camp)

    beber, Slouski est membre du parti libéral démocrate. Quand à la position de ce parti, c'est un opposant à Poutine. Vous pouvez consulter internet et regarder des vidéos de son président, Jirinovski...

    Le fait d'être opposant ou ami n'a rien à voir... Ah, oui ce pays sous développé considère que la femme est aux ordres de l'homme. Comme daesh.

  • Décidément la Russie est un pays maudit.