Russie : à peine libéré, un leader de l'opposition de nouveau arrêté

Russie : à peine libéré, un leader de l'opposition de nouveau arrêté
L'opposant russe Ilia Iachine - ici à Moscou le 8 août 2019 - a été interpellé dimanche à Moscou alors qu'il venait de purger une peine de prison liée à sa participation à la contestation qui agite depuis un mois la capitale

AFP, publié le dimanche 18 août 2019 à 14h12

Un meneur de l'opposition a été interpellé dimanche à Moscou quelques instants après sa sortie d'une prison où il venait de purger une peine liée à sa participation à la contestation qui agite depuis un mois la capitale russe.

"J'ai été une nouvelle fois arrêté à la sortie du centre de détention", a indiqué Ilia Iachine sur son compte Twitter. Son message s'accompagne d'une vidéo montrant un policier lui disant qu'il était arrêté pour "des appels à des actions non-autorisées le 18 et 19 août", sans préciser de quelles actions il est question.

"Et voilà les amis, c'est comme ça", poursuit-il dans l'enregistrement, après être monté dans un fourgon cellulaire.

Arrêté le 27 juillet avant une grande journée de manifestation, Ilia Iachine avait été condamné comme d'autres figures de l'opposition à une courte peine d'emprisonnement (dix jours) pour "appels à des manifestations non-autorisées". Au lieu d'être libéré le 8 août, il avait été conduit ce jour-là à un tribunal et condamné à dix jours de détention supplémentaires pour une manifestation le 14 juillet. 

Un mouvement de contestation électorale a éclaté mi-juillet après le rejet, officiellement pour des vices de forme, de l'enregistrement de candidats à l'élection du Parlement de Moscou, prévue le 8 septembre. Ilia Iachine fait lui même partie des politiciens exclus du scrutin.

Depuis, les protestations ont été fermement réprimées par la police, qui a procédé au total à près de 3.000 interpellations. Le principal opposant au Kremlin, le blogueur anticorruption Alexeï Navalny, a lui aussi été emprisonné. 

Des enquêtes criminelles ont également été ouvertes contre au moins 14 personnes, accusées d'avoir participé à des "troubles massifs" ou des "violences" contre la police. Etudiants, programmeurs, réalisateurs ou militants politiques, ils encourent jusqu'à 10 ans de prison.

La semaine dernière, plus de 50.000 personnes s'étaient réunies près du centre de Moscou lors d'un rassemblement autorisé, du jamais vu depuis les protestations contre le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012. 

N'ayant pas eu l'autorisation de manifester ce samedi, des dizaines de militants d'opposition ont dû se résoudre à protester "en solitaire", pancartes à la main, comme le permet la loi russe. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.