Rohingyas: la Birmanie s'oppose à la venue d'une rapporteuse de l'ONU

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 La rapporteuse spéciale de l'ONU Yanghee Lee lors d'une interview avec l'AFP, le 8 septembre 2017 à Séoul

La rapporteuse spéciale de l'ONU Yanghee Lee lors d'une interview avec l'AFP, le 8 septembre 2017 à Séoul

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© AFP, Ed JONES
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AFP, publié le mercredi 20 décembre 2017 à 13h54

La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la Birmanie, qui devait effectuer une mission sur place en janvier, s'est vu refuser l'accès, a-t-elle annoncé mercredi, craignant que quelque chose de "terriblement horrible" soit en train de se produire.

"Je suis troublée et déçue par cette décision du gouvernement birman. (...) C'est une honte que la Birmanie ait décidé de s'engager sur cette voie", a déclaré Yanghee Lee, dans un communiqué.

"Cette déclaration de non-coopération (...) ne peut être considérée que comme une indication forte qu'il doit y avoir quelque chose de terriblement horrible qui se passe dans (l'Etat) Rakhine, ainsi que dans le reste du pays", a-t-elle ajouté.

Les violences dans l'Etat Rakhine (ouest) ont débuté par des attaques de postes de police par les rebelles de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), qui dénonce les mauvais traitements subis par cette minorité musulmane. 

L'opération militaire lancée ensuite par l'armée a poussé environ 655.000 Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin depuis le mois d'août. L'ONU a évoqué des éléments de "génocide".

"Il y a deux semaines encore, le représentant birman (auprès des Nations unies à Genève) avait informé le Conseil des droits de l'homme de sa coopération continue avec l'ONU, faisant référence (...) à mon rôle de Rapporteuse spéciale", a expliqué Mme Lee.

"Maintenant on me dit que cette décision de ne plus coopérer avec moi est basée sur la déclaration que j'ai faite après avoir visité le pays en juillet", a-t-elle précisé.

"Elle manque d'impartialité et n'est pas objective dans son travail. Nous n'avons pas confiance en elle", a déclaré à l'AFP un porte-parole du gouvernement birman, Zaw Htay. 

Dès le mois d'août, la rapporteuse spéciale de l'ONU Yanghee Lee s'était inquiétée d'informations faisant état de l'arrivée de renforts militaires dans l'Etat Rakhine. 

En mars dernier, elle avait demandé l'établissement d'une commission d'enquête internationale sur les exactions commises contre les Rohingyas. Les 47 Etats membres du Conseil des droits de l'homme avaient entendu son appel, décidant quelques jours après d'établir une "mission internationale indépendante". La Birmanie s'oppose toutefois à la venue de ces enquêteurs.

La rapporteuse s'est rendue à six reprises en Birmanie depuis le début de son mandat en juin 2014. Lors de ces visites, l'accès à certaines régions du pays lui était toutefois refusé, les autorités invoquant des questions de "sécurité", selon l'ONU.

"Le gouvernement a maintes fois nié que des violations des droits de l'homme se produisent en Birmanie, en particulier dans l'Etat Rakhine. Ils ont dit qu'ils n'avaient rien à cacher, mais leur manque de coopération avec mon mandat et la mission de l'ONU suggère le contraire", a conclu Mme Lee.

 
15 commentaires - Rohingyas: la Birmanie s'oppose à la venue d'une rapporteuse de l'ONU
  • incroyable de voir ça en 2017 !

  • " la Birmanie s'oppose à la venue d'une rapporteuse de l'ONU "
    Quand on connaît l'absence totale d'objectivité de l'ONU, il ne faut pas s'en étonner.
    Et, après tout, n'en déplaise aux esprits chagrins occidentaux, c'est le droit le plus strict du gouvernement birman d'agir ainsi !

  • L ONU chaque pays les amène visiter ce qu'il veut
    ENSUITE ILS AURONT UN SUPER GITE ET UN SUPER COUVERT
    et ils fermeront leurs bouches
    Ceux qui ont eu idée de parler ont eu des morts violentes pour leurs familles
    CELA PERMET DE MIEUX REFLECHIR

  • Un jour la Corse fera comme la Birmanie, avec les continentaux installés dans l'île depuis 5 ou 6 générations. Et on verra comment réagiront les "bons français" sans coeur de ce forum à la vue de dizaines de milliers de réfugiés français revenant au bercail.

  • peut être que si on avait envoyé Madame X....... rapporteur de l'ONU cela aurait facilité les choses ! Le seul mot de rapporteuse est tellement choquant

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