Répression en Birmanie: près de 250.000 personnes déplacées

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Photo diffusée le 20 avril 2021 par une source anonyme via Facebook montrant des personnes déplacées sous une tente après avoir fui la répression militaire, le 19 avril 2021 dans la région de Sagaing, en Birmanie
Photo diffusée le 20 avril 2021 par une source anonyme via Facebook montrant des personnes déplacées sous une tente après avoir fui la répression militaire, le 19 avril 2021 dans la région de Sagaing, en Birmanie
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© AFP, Handout, FACEBOOK

publié le mercredi 21 avril 2021 à 12h22

La répression conduite en Birmanie par la junte depuis son coup d'Etat a provoqué le déplacement de près de 250.000 personnes, a déclaré mercredi le rapporteur spécial de l'ONU Tom Andrews.

Au moins 738 personnes ont été tuées et 3.300 arrêtées par l'armée dans la répression des manifestations contre le renversement le 1er février du gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi.

"Horrifié d'apprendre que les attaques commises par la junte ont déjà provoqué le déplacement de près d'un quart de million de Birmans, selon des sources", a tweeté mercredi M. Andrews. "Le monde doit agir immédiatement pour répondre à cette catastrophe humanitaire."

L'organisation humanitaire chrétienne Free Burma Rangers a estimé la semaine dernière qu'au moins 24.000 civils avaient été déplacés à la suite d'attaques aériennes et au sol de l'armée dans l'Etat Karen (Sud-Est).

Padoh Mann Mann, porte-parole d'une brigade de l'Union nationale karen (KNU), l'une des factions ethniques du pays, a affirmé mercredi que plus de 2.000 personnes étaient passées en Thaïlande et que des milliers d'autres avaient été déplacées à l'intérieur des frontières.

"Ils se cachent tous dans la jungle près de leurs villages", a-t-il dit.

Un sommet des pays de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) est prévu samedi à Jakarta pour étudier la situation en Birmanie après le coup d'Etat militaire du 1er février.

Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a annoncé la semaine dernière que le dirigeant de la junte, le général Min Aung Hlaing, prendrait part au sommet spécial, ce qui a suscité la consternation des organisations de défense des droits de l'homme.

"Min Aung Hlaing, qui est visé par des sanctions internationales pour son rôle dans les atrocités militaires et la répression brutale des manifestants pro-démocratie ne devrait pas être le bienvenu à une rencontre internationale visant à examiner une crise qu'il a créée", a estimé Brad Adams, de Human Rights Watch.

Dans la nuit, les autorités birmanes ont libéré le journaliste indépendant Ko Latt, qui avait été arrêté il y a un mois à Naypyidaw, la capitale.

Au moins 70 reporters ont été interpellés depuis le coup d'Etat et 38 sont en détention, selon l'organisation Reporting ASEAN.

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