Rencontre Donald Trump et Kim Jong-Un : le sommet de tous les espoirs

Rencontre Donald Trump et Kim Jong-Un : le sommet de tous les espoirs
Donald Trump est arrivé à la base aérienne de Paya Lebar à Singapour pour sa rencontre avec Kim Jong-Un.

leparisien.fr, publié le lundi 11 juin 2018 à 07h32

Donald Trump et Kim Jong-Un doivent se retrouver dans la nuit de lundi à mardi à Singapour. Une rencontre historique, qui devrait relancer de longues négociations pour trouver un accord sur le programme nucléaire de la Corée du Nord.

C'est le jour J. Très tôt mardi matin (à 3 heures du matin heure française), le Président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-Un vont se retrouver, à Singapour, pour un sommet historique. Jamais le chef de l'État le plus puissant du monde et celui du régime dictatorial ne s'étaient rencontrés. Un tournant majeur dans les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord, qui s'affiche aujourd'hui en puissance nucléaire après avoir mené de nombreux tests balistiques jusqu'à l'an dernier.

Comment en est-on arrivé là ?

Difficile d'imaginer qu'une telle rencontre aurait pu se tenir il y a quelques mois à peine. En septembre dernier, la Corée du Nord procédait à son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour, et annonçait sa capacité à atteindre les États-Unis.

« Elle a considéré qu'elle avait atteint ses objectifs politiques et obtenu des leviers importants pour négocier », explique Antoine Bondaz, chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste de la Corée du Nord. En face, la pression maximale de Trump, qui a menacé de bombarder la péninsule, a déstabilisé la région et imposé un retour aux négociations. De son côté, la Corée du Sud s'est posée en médiateur entre les deux puissances et a même invité des représentants de son voisin du Nord aux JO d'hiver de Pyeongchang, en février dernier.

Après des mois de crise intense, la situation semblait s'apaiser. Donald Trump a reçu le 8 mars dernier une lettre d'invitation de la part de Kim Jong-Un, transmise par une délégation sud-coréenne en visite à Washington. Le Président américain a aussitôt annoncé son accord pour organiser la rencontre avec Kim, qu'il qualifiait quelques mois plus tôt d'« homme fusée » ou de « petit gros ».

Ce sommet a-t-il été compliqué à mettre en place ?

L'organisation de la rencontre a été rythmée par de nombreux rebondissements. Il a d'abord fallu définir une date et un lieu qui conviennent à toutes les parties - il semblait improbable pour des raisons politiques que le sommet se déroule dans un des deux pays directement concernés. Le choix s'est finalement porté sur l'île luxueuse de Sentosa, dans la cité-Etat de Singapour. Les conditions de sécurité, draconiennes, sont garanties sur cet îlot touristique et paisible.

Que va-t-il se passer pendant le sommet ?

Ce sommet marque surtout l'ouverture de négociations. Le « début » d'un « processus », comme l'a lui-même précisé Donald Trump. Aucun accord important ne sera donc signé à son issue, alors que l'objectif final des États-Unis est une « dénucléarisation complète et vérifiable » de la Corée du Nord. « Il va falloir institutionnaliser ce dialogue, par exemple avec l'ouverture à Pyongyang d'un bureau de représentation diplomatique américain », indique Antoine Bondaz.

Car l'enjeu est grand pour le Président américain. « Ce sommet apporte une légitimité considérable à Kim, alors que Trump va avoir besoin de résultats sur le fond pour revendiquer aussi une victoire », précise le spécialiste.

A quoi peut-on s'attendre pour la suite ?

Les négociations vont donc se poursuivre pour arriver à un accord sur la dénucléarisation. Si la Corée du Nord a plusieurs fois affirmé son engagement à y parvenir, elle n'a jamais clarifié ses intentions, qui restent vagues. « Il y a eu des gestes politiques entre les deux pays mais pas encore d'accords techniques, la Corée a pour l'instant gelé ses essais nucléaires mais n'a rien mis en œuvre pour démanteler son arsenal », rappelle Antoine Bondaz.

Et les exigences des États-Unis s'apparentent selon la Corée du Nord à une « reddition » inacceptable, alors que le pays reste sous le coup de multiples sanctions internationales. En réalité, chaque camp demande à l'autre de réaliser des avancées à la hauteur de ses propres efforts. La Corée du Nord demande que les menaces de son voisin du Sud et États-Unis baissent. En face, Donald Trump garde l'option militaire sur la table comme moyen de pression.

Et le chemin ne se fera pas forcément sans embûches. Au-delà des sauts d'humeurs des deux dirigeants et de l'ambiguïté de leurs positions, « la prudence est de mise du fait des précédents historiques, avec tous les accords non respectés », met en garde Antoine Bondaz.

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