Réactions au plan de paix américain au Proche-Orient : refus palestinien, circonspection ailleurs

Réactions au plan de paix américain au Proche-Orient : refus palestinien, circonspection ailleurs
Le président palestinien Mahmoud Abbas fait une déclaration, le 28 janvier 2020 à Ramallah, après l'annonce du plan de paix pour le Proche-Orient dévoilé par le président américain Donald Trump,

, publié le mercredi 29 janvier 2020 à 00h41

Le plan de paix pour le Proche-Orient du président Trump, présenté mardi, a immédiatement été rejeté par les Palestiniens et leurs alliés et accueilli avec circonspection ou de façon positive dans le reste du monde.

Ce plan, favorable à Israël auquel il accorde de nombreuses garanties et notamment un feu vert pour annexer les colonies, "ne passera pas" a rapidement réagi le président palestinien Mahmoud Abbas. 

"Il est impossible pour n'importe quel enfant, arabe ou palestinien, d'accepter de ne pas avoir Jérusalem" comme capitale d'un Etat palestinien, a déclaré le président Abbas pour signifier l'étendue, selon lui, du refus palestinien de voir Jérusalem devenir la capitale "indivisible" d'Israël comme l'a proposé le président américain.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a formellement rejeté le plan présenté à la Maison Blanche. "Nous n'accepterons pas de substitut à Jérusalem comme capitale de l'Etat de Palestine", a déclaré à l'AFP Khalil al-Hayya, un haut responsable du mouvement.

Ce plan "ne passera pas" et pourrait conduire les Palestiniens vers une "nouvelle phase" de leur lutte, avait prévenu le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, avant même l'annonce du président Trump.

Pour le mouvement chiite libanais Hezbollah, cette proposition n'est qu'une "tentative d'éliminer les droits du peuple palestinien, historiques et légitimes".

L'Iran a jugé que "le plan de paix de la honte imposé par l'Amérique aux Palestiniens est la trahison du siècle et est voué à l'échec".

Pour le ministère turc des Affaires étrangères, ce projet "mort-né" est un "plan d'occupation visant à tuer une solution à deux Etats et à extorquer des territoires palestiniens".

La Jordanie a estimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, que l'établissement d'un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 restait "la seule voie pour une paix globale et durable".

Le plan du président Trump se fonde sur une solution "à deux Etats" mais accorde nombre de garanties territoriales à Israël, bien au-delà des frontières existantes au moment de la guerre des Six Jours de 1967.


L 'Egypte a adopté une position prudente, se contentant d'appeler Israéliens et Palestiniens à un examen "attentif" et "approfondi" du plan. 

"L'Egypte appelle les deux parties concernées à un examen attentif et approfondi de la vision américaine (...) et à ouvrir des voies de dialogue, sous les auspices des Etats-Unis, pour une reprise des négociations", afin de parvenir à "une paix juste et globale" et "à l'établissement d'un Etat palestinien indépendant", a indiqué Le Caire dans un communiqué. 

Parmi les alliés des Etats-Unis, Londres était mardi soir le plus positif, qualifiant le plan de "proposition sérieuse" qui "pourrait constituer une avancée positive". 

L'Arabie saoudite a dit "apprécier" les efforts de Donald Trump. Tout désaccord avec le plan américain doit être résolu par la négociation "de manière à faire avancer le processus de paix afin de parvenir à un accord qui consacre les droits légitimes du peuple palestinien", a affirmé le ministère saoudien des Affaires étrangères. Lors d'un entretien téléphonique avec M. Abbas, le roi Salmane a quant à lui exprimé son soutien "inébranlable" aux Palestiniens.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell s'est contenté d'indiquer que l'EU allait "étudier et évaluer les propositions avancées", tout en réaffirmant son engagement "ferme" en faveur d'"une solution négociée et viable à deux Etats".

Cette formule de "solution négociée et viable à deux Etats, acceptable par les deux parties" a été reprise par le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

La Russie a pour sa part prôné des "négociations directes" entre Israélien et Palestiniens, afin de parvenir à un "compromis mutuellement acceptable". 

"Nous ne savons pas si la proposition américaine est mutuellement acceptable ou non. Nous devons attendre la réaction des parties", a déclaré aux agences russes le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

A New York, le porte-parole des Nations Unies a rappelé que l'organisation internationale s'en tenait aux frontières définies en 1967. 

"La position des Nations unies sur la solution à deux Etats a été définie à travers les ans par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale auxquelles est tenu le secrétariat" de l'ONU, a précisé Stéphane Dujarric dans un communiqué. 

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