Rattrapé par ses rivaux, Joe Biden à la relance dans le New Hampshire

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Pete Buttigieg, le 8 novembre 2019 à Salem, dans le New Hampshire
Pete Buttigieg, le 8 novembre 2019 à Salem, dans le New Hampshire
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© AFP, JIM WATSON

, publié le samedi 09 novembre 2019 à 17h06

"Je ne suis pas là pour finir deuxième": rattrapé par ses rivaux dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020, Joe Biden, longtemps favori, est à la relance ce weekend dans le New Hampshire.

Du haut de ses 200 ans d'histoire, le Capitole de Concord, la petite capitale de cet Etat du nord-est des Etats-Unis, est un passage obligé pour les candidats aux primaires, qui viennent y déposer leur dossier, le signer, et payer les droits d'entrée réglementaires.

Joe Biden connaît bien le bâtiment à la coupole dorée: il y est déjà venu lorsqu'il lorgnait la Maison Blanche en 1988 et 2008, mais malgré son âge avancé et une concurrence féroce, 2020 semble constituer sa meilleure chance. 

"Bon, où est-ce que je signe?", a-t-il lancé vendredi en remettant ses papiers, se sentant comme chez lui entre les murs du Parlement du New Hampshire, deuxième Etat, après l'Iowa, à voter lors de la primaire démocrate, le 11 février prochain.    

L'ancien vice-président de Barack Obama, qui fêtera ses 77 ans le 20 novembre, a ensuite bravé les températures glaciales et quelques flocons de neige pour s'adresser à une centaine de sympathisants.

Pour Richard St. Pierre, 57 ans, Joe Biden est "le plus à même", parmi les 17 candidats démocrates, à pouvoir déloger Donald Trump de la Maison Blanche.

"C'est quelqu'un d'équilibré, il ne va pas arriver et tout remettre à plat", estime-t-il. "Il n'arrive peut-être pas à rallier tous les jeunes derrière lui. Mais on ne peut pas plaire à tout le monde".

Longtemps seul en tête des intentions de vote après l'annonce de sa candidature en avril, le septuagénaire a vu son avance fondre ces derniers mois. 

La faute à des performances hésitantes lors des grands débats télévisés, à des doutes sur sa capacité à pouvoir tenir la distance, à son âge, d'une campagne longue et éprouvante, et aux attaques répétées de Donald Trump.

 

- La menace Buttigieg  -

 

Il a ainsi vu revenir sur talons les sénateurs progressistes Elizabeth Warren et Bernie Sanders, mais aussi le jeune maire de l'Indiana Pete Buttigieg, qui marche de plus en plus sur ses platebandes centristes.

La possible candidature du milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg, un autre modéré, pourrait lui porter un coup supplémentaire, mais Joe Biden fait comme si de rien n'était dans le New Hampshire, sûr de pouvoir rallier le plus grand nombre à sa cause.

"Je suis le seul dans cette course qui a un soutien significatif" parmi l'ensemble des composantes démocrates, a-t-il déclaré aux journalistes.

Même si les plus jeunes semblent plutôt regarder du côté d'Elizabeth Warren et Bernie Sanders et leur promesses de couverture santé universelle, Saylor, 19 ans, leur préfère le pragmatisme de l'ancien vice-président.

"J'aimerais quelqu'un de plus modéré, de civilisé, qui peut faire le lien entre les deux camps", explique l'étudiante de la prestigieuse université d'Harvard. "Je m'intéresse davantage aux idées réalistes que celles impossibles à atteindre".

Joe Biden n'est pas le seul à faire campagne ce weekend dans le New Hampshire. 

Son adversaire direct Pete Buttigieg, qui le devance notamment dans l'Iowa, où sera donné le coup d'envoi de la primaire démocrate le 3 février, a rassemblé plus de 700 personnes vendredi soir dans la ville de Salem, point de départ d'une tournée en car de quatre jours à travers l'Etat.

"C'est nouveau, c'est frais, c'est différent", juge Nicole Fisher, assistante de direction de 30 ans, pour qui Joe Biden, deux fois plus âgé que "Mayor Pete", symbolise "l'idéologie et la rhétorique du passé". 

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