Puigdemont ou non ? Le choix cornélien du camp indépendantiste en Catalogne

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 Le président catalan destitué Carles Puigdemont s'exprime lors d'une conférence de presse, le 22 décembre 2017 à Bruxelles

Le président catalan destitué Carles Puigdemont s'exprime lors d'une conférence de presse, le 22 décembre 2017 à Bruxelles

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© AFP, EMMANUEL DUNAND
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AFP, publié le samedi 06 janvier 2018 à 14h51

Les indépendantistes ont une majorité théorique au parlement de Catalogne leur permettant de diriger la région, mais il leur faut pour cela investir un président alors que leur candidat naturel, Carles Puigdemont, a encore bien des obstacles à surmonter pour revenir de Belgique. 

Toute la campagne du président indépendantiste de la région, destitué par Madrid et parti fin octobre à Bruxelles juste avant son inculpation pour "rébellion" a tourné autour d'une seule et même idée: revenir au pouvoir par la grande porte.

En appelant les électeurs à voter pour sa liste Ensemble pour la Catalogne lors des élections régionales du 21 décembre, M. Puigdemont leur demandait de montrer au gouvernement madrilène qu'ils étaient les seuls à choisir leurs dirigeants, et récupérer ainsi leur "dignité" piétinée par la "répression" de Madrid.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy avait mis la région sous tutelle après la déclaration d'indépendance unilatérale votée le 27 octobre par son parlement et dissous cette assemblée, convoquant ces élections.

Finalement, la liste de Carles Puigdemont a obtenu 34 sièges sur 135 au parlement. Avec les 32 sièges de l'autre grande formation indépendantiste, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), et les quatre du petit parti d'extrême gauche Candidature d'unité populaire (CUP), il disposerait donc de la majorité nécessaire pour obtenir une nouvelle investiture (70 voix sur 135).

Mais le chemin est semé d'embûches pour ce président destitué qui risque une arrestation dès qu'il aura mis le pied en Espagne.

Pour qu'il puisse être investi, il lui faut d'abord s'assurer d'avoir des alliés au sein du stratégique "bureau des présidents" de l'assemblée catalane, l'organe qui décide de l'ordre du jour et veille sur le respect du règlement.

La raison est simple: le bureau doit accepter que le candidat à l'investiture présente son programme à distance, depuis Bruxelles, et soit élu sans être présent.

Or, les indépendantistes ne peuvent pour l'instant pas compter sur leurs 70 voix puisque huit d'entre eux sont en prison ou à l'étranger, dont M. Puigdemont. 

Et la situation ne devrait pas changer rapidement: les juges de la Cour suprême ont opposé vendredi une fin de non-recevoir à l'ex-vice-président Oriol Junqueras, incarcéré près de Madrid, qui demandait à être libéré notamment pour pouvoir exercer son droit de représenter les Catalans qui l'ont élu.

Dans un arrêt jugé très dur par les indépendantistes, la Cour développe un argumentaire qu'elle pourrait appliquer à tous les dirigeants séparatistes incarcérés.

Dans le cas de d'Oriol Junqueras, la Cour justifie sa décision par la crainte d'une récidive, estimant que rien n'indique qu'il a renoncé à une déclaration unilatérale d'indépendance impliquant "de nouveaux épisodes de violence ou troubles".

Les indépendantistes doivent donc s'organiser pour qu'au moins six des huit élus en prison ou à l'étranger renoncent au profit d'autres élus sur leurs listes ... ou obtenir la neutralité complice des alliés de Podemos (gauche radicale) en Catalogne, "La Catalogne en Commun", qui dispose de huit sièges et s'oppose à la politique de Madrid.

Dans tous les cas, la décision devra en principe être prise le 17 janvier au plus tard, quand le nouveau parlement catalan siègera pour la première fois.

- Doutes et divisions -

Ensuite, Carles Puigdemont devra encore résoudre les doutes dans son propre camp, en particulier au sein du parti ERC.

"On ne sait pas comment ils (les élus sur la liste de Puigdemont, ndlr) comptent le faire, s'ils viendront ou pas, mais la voie +télématique+ nous paraît très étrange", déclarait jeudi à l'AFP une source d'ERC alors que ce parti semble souhaiter "un plan B".

"La compétition entre les deux formations indépendantistes (celle de Puigdemont et celle d'ERC) est de plus en plus dure", écrit ce vendredi Enric Juliana, éditorialiste du quotidien La Vanguardia et grand spécialiste de la politique catalane.

Mais s'il arrivait encore à surmonter ces divisions et les problèmes de règlement pour être enfin réélu président, qui dirigera la Catalogne ?

"Carles Puigdemont a dit que s'il est investi, il va revenir", répond une source de son parti.

Mais ne serait-il pas immédiatement arrêté ?

"S'il se présente aux portes du palais de la Généralité (siège de l'exécutif catalan) entouré de 500 maires qui le soutiennent, le gouvernement espagnol va-t-il vraiment l'arrêter ?", questionne en retour cette source.

"De toutes manières, s'il vient et s'il est arrêté, il n'y a plus de législature et de nouvelles élections dans trois mois", ajoute-t-elle.

 
17 commentaires - Puigdemont ou non ? Le choix cornélien du camp indépendantiste en Catalogne
  • espagne une démocratie où les députés sont empêchés de siéger "soit en prisonnés 'soit menacer de l'etre s’ils vont sieger"
    mais là l'europe démocratique ne dit rien ni ne menace alors qu'elle le fait pour la pologne , la finlande ou la hongrie

    La Pologne, la Finlande ou la Hongrie sont des pays à part entières alors que la Catalogne n'est qu'une province d'un autre pays à part entière, l'Espagne. La différence vient certainement de là...

    dqr33 je parle de l'espagne qui maintient en prison des députés élus le 21 decembre et obligent d'autres à l'asile politique
    cela c'est plus du franquisme que de la démocratie

    Ca, c'est ce que tu penses, vivarais...

    Après, je me demande si l'UE a la possibilité d'intervenir ainsi directement dans la politique d'un de ses membres, du moins sans avoir l'aval des autres membres.

    Au final, le gagnant sera celui qui gagnera......
    Au final, le gagnant sera celui qui gagnera......
    Lapalissade certes mais au combien vrai.
    Les bourreaux ou terroristes d'hier deviendront les héros de demain......
    Les exemples sont nombreux dans l'histoire......
    Les résistants de la Seconde Guerre Mondiale, la Révolution Française, Bachar el Hassa

    Au final, le gagnant sera celui qui gagnera......
    Lapalissade certes mais au combien vrai.
    Les bourreaux ou terroristes d'hier deviendront les héros de demain......
    Les exemples sont nombreux dans l'histoire......
    Les résistants de la Seconde Guerre Mondiale, la Révolution Française, Bachar el Hassa

    dqr33 im faudrait demander cela à notre docteur en droit ce que dit la cour de justice européenne sur le sujet
    "peut on empêcher des députés légalement élus de siéger en les emprisonnant"

  • Un choix cornélien c'est un triangle : A aime B qui aime C, mais C aime A. Dans le cas catalan le choix est certes difficile mais pas cornélien.

  • des rigolos , qui plus est , amateurs . ridiculisent les catalans !

  • Rajoy est un démocrate auto-proclamé, qui destitue à sa guise des dirigeants légitimement élus, convoque des élections lorsque les élus prennent des décisions qui ne le satisfont pas, et emprisonne suffisamment d'élus pour empêcher que la majorité issue du suffrage universel puisse exercer normalement le mandat confié par les électeurs.
    Il est temps que l'Europe ouvre les yeux et condamne de telles pratiques, sans quoi elle se déconsidérera totalement. On ne peut pas critiquer les régimes autoritaires hors d'Europe et en même temps soutenir Rajoy sans perdre toute crédibilité.

    Et ceux qui violent les constitutions on les laisse faire???La prise du pouvoir c'est par les élections ou la révolution!Pas par des jeux de dupes!

    Perso, je pense que la démocratie ne peut fonctionner que si l'on en respecte les règles. Dans le cas présent, il me semble que le gouvernement espagnole n'a fait que respecter la constitution et les lois espagnoles, de manière abrupte, certes, mas légalement. Puidgemont et son gouvernement, NON. De plus, non seulement, il compromet la santé économique de "son" pays mais en plus il joue au boute feu avec les indépendantistes flamands ! non, décidément non, je ne pense pas qu'il suive la bonne voie (il y en a d'autres) malheureusement, il se trouvera toujours d'irresponsables rêveurs pour le suivre, c'est l'avantage de la politique ... .

    Rien a voir, il n'est pas possible de demander l'independace uniquement sur les ambitions d'un HOMME , les emprisonnès sont des subversifs et ne devaient pas se presenter , l'europe n'a pas vocation de de s'occuper de conflits mineurs dont la catalogne en est un . la cATALOGNE est la risèe de l'europe UNIE .

    Je propose une alliance forte et indéfectible entre Puigdemont et Talamoni, et qui jetterait la base d'un pays commun (mais alors situé TRÈS TRÈS loin) , pays qui s’appellerait Cretinoland (mais dont naturellement l'Union Européenne subventionnerait sa création, cela va sans dire)

  • Puigdemont doit assumer ses responsabilités. Il a commis un acte de rébellion contre la loi et est parti se réfugier à l'étranger au lieu de rester dans son pays pour y défendre ses convictions.

    cqfd65
    j'etais a Barcelone le 3 janvier avec mon groupe , peux vous affirmer que sur les ramblas ce n'était plus la même ambiance que j'ai connu en 2017
    à mon avis beaucoup de touristes ont fuit cette destination....

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