Protestations à la frontière Israël-Gaza : sept Palestiniens tués et plus de 400 blessés

Protestations à la frontière Israël-Gaza : sept Palestiniens tués et plus de 400 blessés

Ce vendredi 6 avril, les heurts ont repris entre manifestants palestiniens et soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza.

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leparisien.fr, publié le vendredi 06 avril 2018 à 21h00

L'armée israélienne a reçu ordre de tirer à nouveau à balles réelles en cas de débordements de l'autre côté de la frontière.

Cinq Palestiniens, dont un adolescent de 16 ans, ont été tués et quelque 400 blessés par des tirs de soldats israéliens lors de protestations vendredi, près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël.

D'après un communiqué du syndicat des journalistes palestiniens, au moins six journalistes ont également été blessés par balles. La porte-parole de l'armée israélienne n'a pour l'heure pas réagi à cette information.

Une semaine après des violences sans précédent depuis 2014 qui ont coûté la vie à 19 Palestiniens, la « grande marche du retour » a de nouveau rassemblé des milliers de Palestiniens près de la barrière à l'est de la ville de Khan Younès, dans l'enclave palestinienne.

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Des affrontements ont éclaté en plusieurs lieux longeant la barrière. Des manifestants ont incendié des pneus et lancé des pierres sur les soldats israéliens, provoquant des champignons de fumée au dessus de la barrière de sécurité, selon des correspondants de l'AFP sur place. Les militaires ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles.

Israël maintient ses consignes de tirsL'envoyé spécial de l'ONU pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a appelé les forces israéliennes à la « retenue maximale » et les Palestiniens à éviter les frictions. L'émissaire du président américain Donald Trump pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, a lancé une mise en garde aux manifestants, leur demandant de « rester en dehors de la zone tampon de 500 m » et de ne « pas s'approcher de la barrière de la frontière de quelque manière que ce soit ». « Nous condamnons les leaders et les manifestants qui appellent à la violence ou envoient des manifestants - y compris des enfants - vers la barrière, sachant qu'ils pourraient être blessés ou tués », a ajouté le responsable américain dans un communiqué à la tonalité extrêmement ferme.

Les organisateurs de la « Marche du retour », qui réclament la fin du blocus de la bande de Gaza par Israël, et le retour des 700 000 réfugiés qui ont fui leurs terres lors de la création de l'Etat d'Israël et depuis, ont affirmé qu'ils tenteraient d'empêcher les petits groupes de protestataires de s'approcher. Mais, ces derniers jours, des jeunes Palestiniens ont collecté des pneus par centaines, pour créer une barrière visuelle pour empêcher les snipers de Tsahal de les voir distinctement. Les soldats avaient prévu la parade, au moyen d'un énorme ventilateur de deux mètres de haut.

Malgré les critiques de l'ONU et de l'Union européenne, le gouvernement israélien a maintenu ses consignes de tir. « S'il y a des provocations, il y aura une réaction des plus dures comme la semaine dernière. Nous n'avons pas l'intention de changer les consignes de tir, nous restons sur la même ligne », a prévenu à la radio publique le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman. « Nous n'avons pas affaire à une manifestation mais à une opération terroriste », a ajouté le ministre nationaliste.

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