Prostituées russes, méthode «mafieuse» : le livre explosif de l'ex-chef du FBI sur Trump

Prostituées russes, méthode «mafieuse» : le livre explosif de l'ex-chef du FBI sur Trump

James Comey livre sa vérité sur Donald Trump dans des mémoires.

leparisien.fr, publié le vendredi 13 avril 2018 à 15h43

James Comey, l'ex-chef du FBI publiera mardi prochain un livre explosif, dont les premiers extraits ont fuité jeudi dans la presse américaine. Trump l'accuse d'être un «menteur».

Le titre des mémoires de James Comey est évocateur : « Une plus grande loyauté : vérité, mensonges et leadership » (« A Higher Loyalty : Truth, Lies, and Leadership », en anglais).

Le livre de l'ancien patron du FBI, à paraître le 17 avril, retrace ses 20 ans de carrière comme procureur à New York puis ministre adjoint de la Justice dans le gouvernement de George W. Bush, et chef de l'agence de renseignement entre 2013 et 2017.

Mais ses confidences les plus attendues concernent bien l'actuel président américain, Donald Trump, qui l'avait limogé en mai 2017. A la Maison Blanche comme chez les responsables républicains, le livre a fait naître des craintes sur les dégâts qu'il pourrait infliger à une présidence déjà affectée par des rumeurs, départs contraints et démissions.

Le Parti républicain a d'ores et déjà mis en ligne un site intitulé « Lyin' Comey » (« Comey le menteur »), où l'on peut notamment voir défiler une série de citations de personnalités politiques, désobligeantes pour l'ex-patron du FBI. Avec cette publicité, le livre s'est un temps hissé en tête du classement des pré-ventes d'Amazon. La presse américaine en a publié jeudi quelques extraits.

Sur la supposée « golden shower ». L'ex-chef policier décrit un locataire de la Maison Blanche obsédé par des détails scabreux le concernant. James Comey relate ainsi que le président lui a demandé d'enquêter sur des allégations le mettant en présence de prostituées russes en 2013 dans un hôtel à Moscou.

« Je suis germophobe. Ce ne serait pas possible que je laisse des gens se faire pipi dessus devant moi », aurait dit le milliardaire à propos des relations sexuelles prêtées aux prostituées, au cours desquelles elles se seraient urinées dessus à sa demande. « J'ai laissé échappé un rire », écrit James Comey, toujours selon cet extrait relayé par le Washington Post.

Ce « dossier » avait été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d'opposants politiques au candidat républicain. Jugé crédible dans un premier temps par le renseignement américain, son authenticité avait ensuite été complètement remise en question.

Lors de cette discussion dans la tour Trump en janvier 2017, Donald Trump a demandé au chef du FBI de tordre le cou à ces affirmations qui lui étaient très défavorables « au cas où il existerait une seule chance sur 100 qu'elles soient prises au sérieux par sa femme, Melania », selon James Comey.

Sur son « comportement mafieux ». Cet échange sur ces allégations avec le président « m'a fait revenir au début de ma carrière, quand j'étais procureur face au Milieu », raconte James Comey.

L'ex-chef policier a décrit une scène digne de la mafia : « Le cercle silencieux qui acquiesce. Le boss qui fait le jour et la nuit. Les serments de fidélité. La vision du monde selon laquelle tous sont contre nous. Le mensonge généralisé, qu'il soit petit ou gros, au service d'une sorte de code de loyauté qui place l'organisation au-dessus de la moralité et de la vérité ».

Pour James Comey, « ce président est immoral, détaché de la vérité et des valeurs institutionnelles ». « Son leadership est transactionnel, axé sur l'ego et sur la loyauté personnelle », insiste-t-il.

Sur la possible obstruction dans l'affaire Flynn. Lors d'une audition extraordinaire au Sénat, James Comey avait révélé les pressions venues de la Maison Blanche, le fait que le président ait exigé sa « loyauté » et qu'il lui ait demandé d'abandonner un volet de l'enquête portant sur le général Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, forcé à la démission.

Dans son livre, Comey revient sur la réunion du 14 février 2017 dans le bureau oval. Donald Trump aurait d'abord demandé au procureur général Jeff Sessions de quitter la pièce pour évoquer le cas de Michael Flynn. C'est à ce moment-là que le président américain aurait prononcé la fameuse phrase : « J'espère que vous laisserez tomber cette affaire, que vous laisserez (Michael) Flynn partir. C'est un bon type. J'espère que vous la laisserez tomber. »

Comey raconte avoir ensuite reproché à Sessions de ne pas l'avoir épaulé. « Vous ne pouvez pas être expulsé de la pièce pour qu'il me parle seul à seul. Vous devez être entre le président et moi », aurait-il dit au procureur général. Sessions serait resté silencieux, explique Comey : « Sessions a simplement laissé traîner ses yeux sur la table, ils se précipitaient d'avant en arrière, d'un côté à l'autre. Il ne dit rien. J'ai lu dans sa posture un message comme quoi il ne serait pas capable de m'aider. »

Trump l'accuse d'être un «menteur». Le président américain, Donald Trump, a répliqué ce vendredi sur Twitter. «James Comey a organisé des fuites et est un menteur avéré» écrit-t-il, l'accusant d'avoir «fait fuiter des information CLASSIFIEES, pour lesquelles il devrait être poursuivi. Presque tout le monde à Washington pensait qu'il aurait dû être viré pour le terrible travail qu'il faisait, jusqu'à ce qu'il soit, de fait, viré», ajoute-t-il dans deux longs tweets chargés de colère, dans lesquels il traite l'ancien patron de la police fédérale américaine de «raclure». «Ce fut mon grand honneur de limoger James Comey !» conclut le chef d'Etat.

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