"Priez pour moi": à Kaboul, le désespoir des clients de l'hôtel

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 De la fumée s'échappe de l'hôtel Intercontinental de Kaboul pendant l'attaque, le 21 janvier 2018

De la fumée s'échappe de l'hôtel Intercontinental de Kaboul pendant l'attaque, le 21 janvier 2018

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© AFP, WAKIL KOHSAR

AFP, publié le dimanche 21 janvier 2018 à 09h45

"Rester en vie dans ce pays relève de la pure coïncidence", relève Aziz Tayeb, qui a réussi à fuir pendant l'attaque de l'hôtel Intercontinental à Kaboul, et dit prier pour la centaine de ses collègues qui y sont restés pris au piège toute la nuit.

Ce cadre du secteur des télécoms originaire de Herat (ouest) et ses homologues se trouvaient là pour une conférence annuelle prévue dimanche dans un salon de cet hôtel, qui a été pris d'assaut samedi soir par quatre assaillants lourdement armés.

Lancée samedi soir, l'attaque ne s'est achevée qu'au matin, une fois ces derniers abattus. Selon un bilan provisoire, six personnes ont été tuées - cinq Afghans et une étrangère dont la nationalité n'est pas précisée.

Aziz Tayeb lui même ne pensait pas en réchapper: "Priez pour moi, je vais certainement mourir", a-t-il plaidé, désespéré, sur Facebook peu après le début de l'assaut.

Décrivant la scène quelques heures plus tard pour l'AFP, il dit avoir "vu comment des gens qui une seconde plus tôt étaient en train de s'amuser se mettre à hurler et à s'enfuir comme des fous, certains atteints par des balles et tombant à terre".

Ce directeur régional de la compagnie Afghan Telecom a finalement réussi à se cacher derrière un pilier puis à s'enfuir avec d'autres près de la piscine avant d'être secourus.

Depuis cette cachette, "j'entendais explosion après explosion, des grenades, (les assaillants) utilisaient beaucoup de grenades", raconte-t-il d'une voix épuisée.

"J'ai vu cinq ou six corps à l'extérieur de l'hôtel alors qu'on nous escortait vers la sortie", ajoute-t-il. "Les deuxième, troisième et cinquième étages (du bâtiment) étaient en feu. Le cinquième était ravagé par les flammes".

Des images de la chaîne Tolo News ont montré des personnes tenter de s'échapper des balcons à l'aide de draps noués. Au moins une d'entre elles a lâché prise et est tombée. 

"Je suis sorti, mais plus d'une centaine de mes collègues et amis sont toujours coincés entre la vie et la mort. Priez pour eux s'il-vous-plaît", a écrit plus tard M. Tayeb sur Facebook.

Au moins une personne devant assister à la conférence a péri, selon le ministère de l'Intérieur.

- 'Enfuis sans se battre' -

Selon un employé de l'hôtel joint par l'AFP et parlant sous couvert d'anonymat, les gardes de sécurité de l'hôtel "se sont enfuis sans se battre".

"Ce sont de nouveaux gardes d'une compagnie privée, le problème principal est qu'ils n'avaient aucune expérience dans le contrôle" des individus et des voitures pénétrant dans le complexe hôtelier, a accusé ce comptable de 24 ans qui était présent au moment de l'attentat.

Il s'agissait d'une nouvelle équipe sous contrat depuis le début de l'année avec l'hôtel Intercontinental - qui n'appartient pas à la chaîne internationale éponyme mais à l'Etat afghan - a-t-il expliqué. 

Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a confirmé à l'AFP que la sécurité de l'établissement avait été confiée au début de l'année à un groupe privé. La direction de l'établissement n'a pu être jointe dans l'immédiat pour commentaire.

Le jeune homme, employé de l'Intercontinental depuis l'âge de 16 ans, avait déjà survécu à une précédente attaque contre l'établissement en juin 2011. Revendiqué par les talibans, l'assaut avait fait 21 morts.

"J'étais déjà là quand cette première attaque s'est produite. Cette fois je savais par où m'enfuir", souligne l'employé. 

Depuis l'attentat de 2011, l'hôtel avait renforcé la surveillance pour rassurer ses clients. 

Pourtant, une journaliste de l'AFP a constaté samedi matin, quelques heures avant la tuerie, que l'inspection des voitures à l'entrée du complexe était inefficace et que la fouille au corps, pour pénétrer dans le bâtiment, pouvait être aisément contournée en sautant les barrières.

Malgré sa peur, le jeune homme se dit résigné à garder son poste: "Je vais rester, parce que je n'ai pas d'autre option", avoue-t-il.

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4 commentaires - "Priez pour moi": à Kaboul, le désespoir des clients de l'hôtel
  • Vivre et survivre au plein jour dans des pays ravagés, c'est plutôt courageux et même admirable. Sachons que nous risquons aussi chez nous ce genre d'évènement avec une beaucoup plus faible probabilité ! Le cancer est partout, il parait que seuls des chiens dressés le sentent ? certains vous diraient que ce rapprochement est particulièrement raciste ! et bien au contraire, cela veut dire que nous devons maintenant faire avec... puisque nous n'avons pas le pouvoir de l'éradiquer à cause de tous les bénis oui oui qui espèrent le vaincre avec des paroles (mot utiliser dans le langage courant "vaincre le cancer")

  • La haine la haine encore et toujours la haine ... Cela pose quand même énormément question.

  • la nullité du privé est flagrante
    du profit de façades
    ...
    quel malheur

  • Les contrôles sont partout aléatoires, alors s'ils le sont dans un pays dangereux , comment doivent-ils être dans un pays qui l'est moins.
    Tous les jours on peut voir que ce n'est pas sérieux, on ouvre le sac d'une grand-mère et on laisse passer un type portant un très gros anorak ?

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