Présidentielle sous tension au Honduras où la crise politique couve

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 Des militaires en faction dans une rue de Tegucigalpa, avant l'élection présidentielle, le 24 novembre 2017 au Honduras

Des militaires en faction dans une rue de Tegucigalpa, avant l'élection présidentielle, le 24 novembre 2017 au Honduras

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© AFP, ORLANDO SIERRA
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AFP, publié le samedi 25 novembre 2017 à 12h06

Les Honduriens votent dimanche pour désigner leur président sur fond de crise politique, Juan Orlando Hernandez, l'actuel chef de l'Etat briguant un nouveau mandat, envers et contre la Constitution, en s'appuyant sur une décision controversée de la Cour suprême.

La Constitution du Honduras, en vigueur depuis 1982, interdit la réélection d'un président. Mais le Parti national (PN, droite) au pouvoir --qui contrôle les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire-- soutient qu'une interprétation de la Constitution par la Cour suprême permettrait de passer outre. L'opposition affirme que le pouvoir judiciaire n'a pas cette prérogative.

Dans ce petit pays au cœur du "triangle de la mort" de l'Amérique centrale, miné par les gangs et la pauvreté, affichant un des plus forts taux d'homicide au monde, même s'il a diminué, ces tensions risquent de rouvrir les blessures du coup d'Etat de 2009.

Cette année-là, l'ancien président Manuel Zelaya avait été chassé du pouvoir par l'armée, soutenue par la droite et le monde des affaires, après s'être rapproché du vénézuélien Hugo Chavez. Il avait notamment été accusé de vouloir amender la Constitution afin de briguer un second mandat.

Arrivé au pouvoir en 2013 après des élections contestées par la gauche, Juan Orlando Hernandez, 49 ans, figure parmi les trois candidats, sur dix, qui ont une chance de l'emporter dimanche, lors de ce scrutin à un seul tour. 

Salvador Nasralla, 64 ans, un journaliste TV, nouveau en politique, est le candidat de la coalition de partis de gauche Alianza de Oposición contra la Dictadura (Alliance de l'opposition contre la dictature) et Luis Zelaya, 50 ans, du Partido Liberal (PL), l'autre formation de droite du pays, figurent dans le trio de tête, au côté du chef de l'Etat sortant.

"Pour la première fois, il y a trois forces équilibrées (...), chacun pense l'avoir déjà emporté, que les élections ne sont qu'une formalité et (le résultat) peut donner lieu à des manifestations", a déclaré à l'AFP l'analyste politique Raul Pineda Alvarado.

- Accusations de fraude -

Les deux principaux adversaires du président Hernandez accusent le Tribunal suprême électoral (TSE) d'avoir préparé une fraude pour le déclarer vainqueur, ce que l'institution nie.

Le président du TSE David Matamoros a assuré à la radio et à la télévision que ces élections étaient "libres et transparentes", mais aussi "les plus scrutées de l'histoire", avec la présence de 15.000 observateurs, dont 500 internationaux. 

Des délégations de l'Union Européenne (UE), de l'Organisation des Etats américains (OEA), du Centre Carter et de plusieurs pays étaient en train d'arriver au Honduras ces jours-ci. 

L'expert Raul Pineda Alvarado estime que si Hernandez venait à l'emporter, les partisans des deux autres principaux partis pourraient descendre dans la rue pour protester et "s'il y avait (des soupçons) de fraude, l'affrontement serait plus intense".

Un scénario que ne partage pas le cabinet Eurasia, pour qui il ne devrait pas y avoir "d'incident majeur, étant donné la présence d'observateurs internationaux".

"Un second mandat d'Hernandez signifie la poursuite de politiques favorables aux affaires et responsables au niveau fiscal, ainsi qu'un probable programme de suivi du FMI; sur le long terme, Hernandez devrait chercher à modifier les règles électorales afin de briguer un troisième mandat", ajoute le cabinet.

Ces élections présentent un risque "de nouvelle crise (...) car il y a eu des petits coups d'Etat", juge le chercheur Marvin Barahona, en référence à la décision de la Cour suprême autorisant la réélection.

Outre le chef de l'Etat, quelque six millions d'Honduriens sont appelés à désigner trois vice-présidents, 128 députés, 20 membres du Parlement centre-américain et les maires de 298 municipalités.

L'actuel mandat du président, d'une durée de quatre ans, se termine le 27 janvier 2018, quand le vainqueur de l'élection de dimanche entrera en fonctions. 

 
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