Présidentielle aux Maldives: Yameen blâme pour sa défaite une "encre qui disparaît"

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Le président des Maldives Abdulla Yameen, le 24 septembre 2018 à Malé
Le président des Maldives Abdulla Yameen, le 24 septembre 2018 à Malé
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© AFP, Handout, Présidence des Maldives

AFP, publié le lundi 15 octobre 2018 à 14h03

L'homme fort des Maldives Abdulla Yameen, battu à la présidentielle de septembre dont il demande l'invalidation, a blâmé une "encre qui disparaît" sur les bulletins en sa faveur pour sa défaite surprise.

Ces affirmations ont été lancées ce week-end par les avocats du président maldivien lors d'une audience à la Cour suprême de cette nation de l'océan Indien. La haute instance judiciaire examine depuis dimanche de la requête d'annulation du scrutin du 23 septembre, largement gagné par l'opposant Ibrahim Mohamed Solih.

Une annulation du vote constituerait un nouveau coup de théâtre, dans ce pays qui en est coutumier, et risquerait de replonger cet archipel de 1.200 îles dans le trouble.

L'avocat représentant le chef de l'État sortant devant la Cour, Mohamed Saleem, a notamment accusé l'imprimeur d'avoir appliqué une substance particulière sur les bulletins pour effacer les votes au nom de Yameen.

D'après M. Saleem, un "stylo spécial avec de l'encre qui disparaît" a aussi été donné à des personnes qui allaient voter pour le président, a rapporté un journaliste qui a assisté à l'audience.

Les travaux des cinq juges de la Cour suprême se sont poursuivis lundi avant d'être suspendus jusqu'au lendemain. L'instance annoncera mardi si elle autorise le témoignage de trois témoins - dont l'identité n'a pas été révélée - appelés par les conseils de M. Yameen et qui selon eux étayeraient leur thèse de fraude électorale.

Par la voix de ses avocats, la commission électorale a appelé au rejet du recours judiciaire et démenti toute malversation. La coalition de l'opposition a dénoncé une procédure "dont il est flagrant qu'elle est infondée".

Quatre des cinq responsables de la commission électorale ont fui le pays et trouvé refuge au Sri Lanka suite à des menaces de mort, a rapporté la presse locale.

À la tête de la micro-nation réputée pour ses plages de sable blanc et ses hôtels de luxe, Abdulla Yameen a gouverné d'une poigne de fer durant cinq ans, en incarcérant ou forçant à l'exil ses opposants, muselant société civile et médias.

Connu pour ses passages en force et sa répression féroce de toute dissidence, il avait reconnu dans un premier temps avec réticence la confortable victoire du candidat de l'opposition Ibrahim Mohamed Solih avec 58,4% des suffrages.

Mais prétextant avoir reçu depuis des témoignages faisant état de fraude, le chef de l'État de 59 ans a engagé la semaine dernière une procédure judiciaire pour annuler le vote.

Ce recours en justice suscite l'inquiétude de la communauté internationale, au premier plan les États-Unis, l'Union européenne et l'Inde voisine. Washington a menacé de sanctions le président sortant, proche de Pékin, s'il remettait en cause le résultat des urnes.

Abdulla Yameen doit officiellement céder le pouvoir au président-élu Ibrahim Mohamed Solih le 17 novembre prochain.

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