Plus d'un Européen sur quatre ne peut pas se permettre de partir en vacances

Plus d'un Européen sur quatre ne peut pas se permettre de partir en vacances
Des vacanciers dans un aéroport.

publié le mardi 03 août 2021 à 15h10

C'est ce que révèle une étude de la Confédération européenne des syndicats, qui montre en outre que les inégalités en matière de congés entre les travailleurs les plus pauvres et les autres ont augmenté ces dix dernières années.

Tout le monde ne peut pas profiter de ses congés estivaux pour partir en vacances, rappelle, en plein été, une étude de la Confédération européenne des syndicats (CES). Selon l'organisation, 35 millions d'Européens, soit plus d'un sur quatre (28%), n'ont pas les moyens de passer une semaine de repos en dehors de chez eux.

Ce chiffre grimpe à 60% pour les travailleurs pauvres, c'est-à-dire dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté, établi à moins de 60% du revenu médian.



Selon l'étude de la Confédération européenne, pour ces travailleurs, c'est en Grèce que la situation est la plus mauvaise. Dans ce pays, près de neuf personnes menacées de pauvreté sur dix (88,9%) ne peuvent pas se permettre de partir en vacances. Viennent ensuite la Roumanie (86,8%), la Croatie (84,7%), Chypre (79,2%) et la Slovaquie (76,1%). En France, 57,2% des personnes menacées de pauvreté ne peuvent pas s'offrir de congés en dehors de chez eux, ce qui représente 3,66 millions de personnes.  

Par ailleurs, les inégalités en matière de congés entre les travailleurs les plus pauvres et les autres "ont augmenté dans 16 Etats membres durant la décennie écoulée", déplore l'organisation, qui se base sur des données d'Eurostat. Les écarts les plus importants en matière d'accès aux vacances entre les travailleurs dont le revenu est inférieur au revenu médian et les autres se retrouvent en Croatie, Grèce, Bulgarie, République tchèque, Roumanie mais également en France.


L'accroissement des inégalités "démontre que les bénéfices de la croissance économique en Europe au cours de la dernière décennie n'ont pas été répartis de manière équitable", commente la secrétaire générale adjointe de la CES, Esther Lynch, qui estime que "les vacances ne devraient pas être un luxe réservé à quelques privilégiés". "Bien que de nombreux travailleurs partent profiter de leur temps libre en famille ou entre amis, des millions d'autres ne le peuvent pas en raison de leurs bas salaires", souligne-t-elle.

L'organisation syndicale, qui représente 45 millions de membres de 89 organisations syndicales nationales réparties dans 39 pays européens ainsi que dix fédérations syndicales européennes, milite donc pour renforcer la proposition de directive européenne destinée à améliorer les bas salaires dans l'UE, qui doit être examinée par le Parlement européen après l'été.

La confédération syndicale plaide pour l'introduction d'un "seuil de décence" qui garantirait que les salaires minimum légaux ne pourraient jamais être inférieurs à 60% du salaire médian et à 50% du salaire moyen dans aucun Etat membre. Actuellement 17 Etats membres de l'UE ont un salaire minimum légal inférieur à 60% du salaire médian national, souligne-t-elle.

La proposition de directive européenne prévoit des règles contraignantes pour les 21 pays de l'Union européenne déjà dotés d'un salaire minimum afin de favoriser leur augmentation, mais ne fixe pas de seuil minimum européen uniforme. Elle n'oblige pas non plus à introduire un salaire minimum dans les six pays qui n'en disposent pas (Autriche, Chypre, Danemark, Finlande, Italie, Suède).
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.