Partir ou rester? Un vol rapatrie des Français coincés en Russie

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L'ambassadeur de France en Russie Pierre Levy à l'aéroport Sheremetyevo de Moscou où des Français s'apprêtent à être rapatriés, le 4 avril 2020
L'ambassadeur de France en Russie Pierre Levy à l'aéroport Sheremetyevo de Moscou où des Français s'apprêtent à être rapatriés, le 4 avril 2020
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© AFP, Yuri KADOBNOV

, publié le samedi 04 avril 2020 à 19h17

Rentrer en France, l'un des pays d'Europe les plus touchés par le coronavirus, ou rester en Russie où le nombre de contaminés grimpe en flèche après avoir été longtemps insignifiant? 

Pour Christian Querouix, un retraité français monté samedi à bord d'un vol spécial de Moscou vers Paris, la décision de quitter le plus grand pays du monde s'est prise à contre-coeur.

"Je suis diabétique et je suis à la fin de mes médicaments", a-t-il expliqué à l'AFP, assis dans un fauteuil roulant, avant d'embarquer à l'aéroport moscovite de Chérémétievo. 

"Sinon je ne serai pas rentré compte tenu de la merde qu'il y a en France et compte tenu qu'ici c'est mieux", a poursuivi cet ancien entrepreneur de 69 ans vivant une partie de l'année à Saint-Pétersbourg.

Comme lui, près de 170 personnes ont pris samedi un vol organisé exceptionnellement par l'ambassade de France pour rapatrier des ressortissants souhaitant rentrer de Russie.

L'appareil, affrété par Air France, comptait une majorité de Français mais aussi des Belges, des Allemands, des Suisses et des Britanniques.

Il y avait également "une famille avec un petit garçon qui a une grave maladie des yeux et qui va être opéré à Lausanne", a précisé Pierre Lévy, l'ambassadeur de France, présent pour rencontrer les passagers.

La compagnie russe Aéroflot ayant annoncé mardi la suspension de ses vols vers Paris, l'une des dernières grandes villes européennes qu'elle desservait encore, l'Ambassade a dû s'organiser rapidement.

- "Plutôt en France qu'ici" -

Etudiante à Saint-Pétersbourg, Joséphine de Gouville, 22 ans, s'est décidée à partir à cause d'un conflit avec le propriétaire de son appartement.

"C'est un peu un déchirement car j'étais juste à la moitié de mes six mois d'échange", regrette-t-elle, se disant néanmoins rassurée de rentrer dans un pays "au système de soins familier".

Une réflexion semblable pour la passagère Renata Levexier, 52 ans, une Franco-Polonaise travaillant en Russie: "Je ne suis pas sûre à 100% que les informations concernant l'épidémie en Russie soient fiables (...) et je préfère être malade en France plutôt qu'ici".

Selon les derniers chiffres officiels, la Russie compte 4.731 cas avérés de coronavirus et 43 morts, un bilan qui ne cesse d'augmenter, notamment à Moscou, le principal foyer du pays, après avoir été très bas jusqu'à la mi-mars.

Pour conjurer la pandémie, le président russe Vladimir Poutine a prolongé jeudi jusqu'à la fin du mois la cessation du travail imposée depuis une semaine dans toute la Russie. 

En parallèle, les autorités régionales ont reçu la responsabilité de fixer les termes du confinement de la population, appliqué dans la majorité du pays.

Les autorités russes ont par ailleurs annoncé la suspension temporaire des vols permettant le retour des milliers de citoyens russes désirant rentrer de l'étranger.

A l'inverse, la situation n'était pas parfaitement claire samedi concernant le départ d'autres vols permettant le départ d'étrangers présents en Russie.

"Mais ce n'est pas dans l'intérêt des autorités d'avoir des +étrangers flottants+" sur le territoire russe, a estimé l'ambassadeur de France, Pierre Lévy.

Parmi ces derniers, certains ont toutefois décidé de rester. C'est le cas d'Alain, 68 ans, expatrié en Russie, rencontré devant l'aéroport alors qu'il venait de se raviser, à la dernière minute, de monter dans le vol affrété par l'ambassade. 

"L'avion est plein et vous avez 200 personnes qui respirent la même clim', le même air", a-t-il avancé, ses valises à la main. "Et si quelqu'un à le coronavirus, il est possible qu'il le file à tout le monde."

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