Panorama des mouvements d'extrême droite en Europe

Panorama des mouvements d'extrême droite en Europe

Le prochain chancelier autrichien Sebastian Kurz (g) et le vice-chancelier Heinz-Christian Strache lors d'une conférence de presse commune à Vienne le 16 décembre 2017

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AFP, publié le dimanche 17 décembre 2017 à 11h29

Panorama des principaux partis d'extrême droite dans l'Union européenne, après l'entrée en force du Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) au gouvernement.

Le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache sera vice-chancelier. Ce parti, qui retourne dans l'exécutif après une expérience mitigée dans les années 2000, décroche également trois ministères régaliens, Défense, Affaires étrangères et Intérieur. Le FPÖ est arrivé troisième aux législatives du 15 octobre avec 26% des voix.

Des dirigeants de partis d'extrême droite européens, dont la Française Marine Le Pen et le Néerlandais Geert Wilders ont salué un "événement historique" en Autriche.

- Allemagne

Formation anti-migrants désormais d'extrême droite, créée en 2013, l'Alternative pour l'Allemagne a raflé 12,6% des suffrages aux législatives du 24 septembre, obtenant 94 sièges. C'est le premier parti de ce type à entrer, avec un tel score, au Bundestag depuis la fin de la guerre. 

Ce mouvement est partagé entre un courant national-libéral en perte de vitesse et un autre qui paraît avoir pris le dessus, à l'idéologie flirtant avec le révisionnisme et la xénophobie. L'AfD veut "faire la chasse" à la chancelière Angela Merkel, en difficulté pour former un gouvernement.

- France 

Après une campagne axée sur la sortie de l'euro, le rétablissement des frontières et l'immigration, la candidate du Front national, Marine Le Pen, s'est qualifiée pour le second tour de la présidentielle en mai dernier, avec un score inédit pour le FN (7,6 millions de voix, 21,3%).

Elle a perdu face au centriste Emmanuel Macron avec 33,9% des suffrages. Le FN a ensuite échoué aux législatives à constituer un groupe à l'Assemblée nationale, tout en y envoyant huit députés.

Fragilisée par des dissensions internes, Marine Le Pen a depuis entrepris une "refondation" du parti, dont son bras droit Florian Philippot a claqué la porte.

- Pays-Bas

Le Parti pour la liberté (PVV) anti-islam de Geert Wilders est devenu en mars la deuxième force du Parlement néerlandais avec 20 sièges sur 150. Le mouvement créé en 2006 reste ostracisé par les autres formations qui ont mis sept mois pour former un gouvernement de coalition.

- Bulgarie

Arrivés troisièmes aux législatives de mars dans une coalition "Patriotes unis", les nationalistes bulgares sont entrés au gouvernement. Hostiles à la minorité turque et Rom, aux immigrés et aux homosexuels, ils s'affichent toutefois pro-UE et pro-Otan.

- Italie

La Ligue du Nord, vieux mouvement sécessionniste, s'est transformée en parti anti-euro et anti-immigrés. En décembre 2016, elle a milité avec succès pour le "non" au référendum sur une révision de la Constitution, entraînant la chute du gouvernement de Matteo Renzi. 

En difficulté pour s'implanter dans le Sud, elle a obtenu 18 sièges à la Chambre des députés aux législatives de 2013.

- Slovaquie

Notre Slovaquie (LSNS), parti néo-nazi lancé en 2012, a tiré profit de la crainte des migrants pour entrer au Parlement en mars 2016, avec 14 sièges sur 150.

- Grèce

Aube dorée (AD) a conforté, grâce à la crise migratoire, sa place de troisième parti aux législatives de septembre 2015, avec 6,99% et 18 députés. Un élu a depuis fait défection.

AD rejette le qualificatif de néonazi et se veut "un mouvement nationaliste" défenseur de "la race blanche". 

- Suède

Les Démocrates de Suède (SD) ont réalisé une percée historique en septembre 2014, devenant la troisième force du pays (13% des voix). Ils comptent 48 sièges au Parlement sur 349.

Créé en 1998, ce parti nationaliste et anti-immigration, dont les racines puisent aux sources du mouvement néo-nazi, a pris ses distances avec les groupuscules racistes et violents, très actifs dans les années 1990.

- Belgique

Le Vlaams Belang (VB, Intérêt flamand), qui prône l'indépendance de la Flandre, occupe depuis juin 2014 trois des 150 sièges à la Chambre des représentants. En net recul, il a vu son électorat siphonné par le parti nationaliste Nouvelle alliance flamande (N-VA). 

- Hongrie

Le Jobbik (Mouvement pour une meilleure Hongrie) est la deuxième force du Parlement avec 24 députés. Face à la ligne dure anti-immigration et autoritaire du Premier ministre conservateur Viktor Orban, il a remisé les slogans racistes et antisémites pour se recentrer sur la corruption, la santé, l'éducation.

- République tchèque

Le parti d'extrême droite SPD, anti-immigration et anti-UE, a fait une percée aux législatives du 21 octobre avec 10,6% des voix, obtenant 22 sièges sur 200.

 
12 commentaires - Panorama des mouvements d'extrême droite en Europe
  • La droite française a un boulevard devant elle avec les problèmes du FN et si Wauquiez n'en profite pas c'est qu'il n'est pas à sa place là où il est.

  • Les partis d'extrême droite n'ont pas fini de prendre de l'ampleur. Il faut que les gouvernements actuels des pays européens prennent à bras le corps ces problèmes d'immigration illégales massives et se mettent d'accord pour refouler tous ces migrants en situation irrégulière présents et qui arrivent tous les jours. Il faut qu'ils bloquent l'action de toutes ces associations qui favorisent cette immigration massive et non désirée par beaucoup d'européens. C'est le groupe de Visegrad qui en leur refusant l'accès à leur pays est dans le vrai.

  • Un article curieux qui fait suite à l'entrée du FPO au gouvernement autrichien. On peut bien se demander pourquoi un article sur des partis américanisés et pro migrants aux antipodes des partis d'extrême droite d'avant guerre ? Ah oui peut créer une extrême droite européenne peut-être ?

  • vivement le renouvellement! on pourra alors constater si les Cassandre présumées démocrates ont eu raison d'anticiper sur les faits dans leurs boules de cristal glauques!

  • c'est la bébête européenne qui monte, qui monte,

    mais nos Dirigeants n en modifient pas leur comportement pour autant, alors qu'ils sont en grande partie la cause de ces votes extrêmes, droite comme gauche.

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