"Panama Papers" : le mea culpa de David Cameron

"Panama Papers" : le mea culpa de David Cameron

David Cameron

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Orange avec AFP, publié le samedi 09 avril 2016 à 14h40

Deux jours après avoir avoué qu'il avait eu des parts dans la société offshore de son père, révélée par le scandale des "Panama Papers", le Premier ministre britannique a reconnu qu'il "aurait dû mieux gérer cette affaire".

"Ça n'a pas été une grande semaine" reconnaît David Cameron. Le Premier ministre britannique ne sort pas grandi du scandale des "Panama Papers", les médias ayant révélé que son père Ian, décédé en 2010, avait dirigé une société offshore dont le siège est aux Bahamas, mentionnée dans les fichiers livrés à la presse et dénonçant l'évasion fiscale.

"J'ai un salaire de Premier ministre, et j'ai des économies dont je perçois des intérêts. Je possède une maison dans laquelle nous vivions, avant d'emménager à Downing Street,et c'est tout ce que je possède, je n'ai pas d'actions, ni actifs ni compte offshore" avait-il déclaré à la suite de ces révélations. Mais sous la pression médiatique et dans un exercice de communication calamiteux, le leader conservateur a fini par avouer qu'il avait bien détenu des parts dans cette entreprise.



Jeudi soir 7 avril, lors d'une interview sur la chaîne ITV, il a affirmé avoir vendu ces parts en janvier 2010 pour environ 30.000 livres (37.000 euros), quelques mois avant d'être élu Premier ministre, et qu'il n'y avait "rien d'illégal" dans sa démarche. "Je sais que j'aurais dû mieux gérer cette affaire, ne blâmez pas mes conseillers, la faute m'en revient, j'ai appris la leçon", a-t-il souligné ce samedi 9 avril devant les délégués du parti conservateur, rassemblé en congrès pour préparer les élections locales de mai. Il a ensuite renouvelé sa promesse de publier "prochainement" ses déclarations d'impôts des dernières années, une première pour un Premier ministre britannique.




- "Cameron must go on" -

Le scandale des "Panama Papers" a eu des conséquences désastreuses sur sa cote de popularité, et ce à trois mois du référendum pour une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne à laquelle il s'oppose. Selon un sondage YouGov dont les résultats ont été rendus publics vendredi, le Premier ministre est au plus bas depuis juillet 2013 avec 58% d'opinions défavorables, derrière le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn.

L'opposition a par ailleurs vivement réagi à ses révélations, dès lors que David Cameron se présente en chevalier blanc de la lutte contre la corruption et de la transparence, thème d'un sommet organisé par ses soins le mois prochain à Londres. "La façon tortueuse dont les informations ont été arrachées au Premier ministre ruine sa crédibilité", a lancé Nicola Sturgeon, chef du parti nationaliste écossais SNP (centre gauche). "Le Premier ministre a perdu la confiance des Britanniques", a commenté Jeremy Corbyn, sans toutefois aller jusqu'à demander sa démission. "Il va lui être difficile de donner des leçons aux autres au sommet contre la corruption", relève pour l'AFP Ian Bond, expert au Centre for European Reform.

Ce samedi, des centaines de personnes réclamaient la démission du chef du gouvernement britannique devant le 10, Downing Street. "Cameron must go on" scandaient-ils, vêtus de chapeaux Panama pour certains et de chemises hawaïennes pour les plus téméraires sous un ciel humide. Ils se sont ensuite dirigés vers le grand hôtel où, à seulement deux kilomètres de là, le Premier ministre s'était exprimé devant le congrès.

Le Royaume-Uni n'est pas le seul pays européen a subir le contre-choc des "Panama Papers". Une grande manifestation antigouvernementale se préparait également à Reykjavik, pour le sixième jour consécutif de protestations ayant déjà fait tomber le Premier ministre islandais. Le scandale des "Panama Papers" a également rebondi au Pays-Bas samedi où deux quotidiens affirment que l'organisation néerlandaise d'aide au développement Solidaridad, connue pour avoir participé à la fondation du label de commerce équitable Max Havelaar, possédait un réseau international de sociétés boîtes aux lettres. "Ces affirmations sont fausses. Il n'est d'aucune manière question d'évasion fiscale, les activités développées au Panama ne sont simplement pas imposables", a réagi l'ONG sur son site internet.
 
8 commentaires - "Panama Papers" : le mea culpa de David Cameron
  • Les Voyous sont en place au pouvoir............Et ça vient donner des leçons après;

  • Il a encore une côte enviable de 56% d'opinions positives ...qu'envierait notre Hollande national ! Au fait , il les cache où , lui , ses sous ?

  • Les anglais sont les anglais
    en Islande le peuple a réagi et provoqué la démission de son 1er Ministre
    A Londres Cameron s'excuse... avec le sourire! Le peuple n'a rien à en dire !
    La différence culturelle... Dans le pays le plus libéral c'est "normal.

  • Et le Cameron , il veut nous faire croire que c'est la faute de son père .Çà ressemble à l'affaire Dominici .Aucune vergogne ,il enverrait son père au bagne pour se blanchir .Petit bonhomme va !!

    non , il a hérité c'est tout., j'aurais fait de même .
    Occupons nous de la France d'abord
    .

  • Les impôts ça sert a quoi? sans doute a faire fonctionner un pays,pour pouvoir profiter de tout ce que l’impôt crée et met a disposition du citoyen pour son bien être . Alors si je comprend bien ,tous ces gens fortunés qui nous dirigent ,cache leur magot pour ne payer l'impôt donc ne participent pas a la construction du pays,mais profitent de tout .Et bien moi non plus je ne veux plus payer l'impôt .. est-ce légitime ??

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