Pakistan: report sine die du débat au Parlement sur l'expulsion de l'ambassadeur français

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Des partisans du parti extrémiste Tehreek-i-Labbaik manifestent après l'arrestation de son chef réclamant l'expulsion de l'ambassadeur de France, le 20 avril 2021 à Lahore, au Pakistan
Des partisans du parti extrémiste Tehreek-i-Labbaik manifestent après l'arrestation de son chef réclamant l'expulsion de l'ambassadeur de France, le 20 avril 2021 à Lahore, au Pakistan
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© AFP, -

publié le vendredi 23 avril 2021 à 12h27

L'Assemblée nationale pakistanaise a reporté sine die le débat prévu vendredi sur l'opportunité d'expulser l'ambassadeur de France, le gouvernement semblant être parvenu à apaiser les manifestations qui pendant une semaine ont dégénéré en affrontements meurtriers avec la police.

Le parti extrémiste Tehreek-e-Labbaik (TLP) est à l'origine d'une violente campagne anti-France depuis qu'Emmanuel Macron a défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression. 

Le président français s'était exprimé lors de l'hommage rendu à un enseignant tué le 16 octobre après avoir montré des dessins satiriques à sa classe, dans la foulée de la republication de représentations du prophète Mahomet par l'hebdomadaire Charlie Hebdo.

Une motion appelant à un débat sur l'expulsion de l'ambassadeur de France, réclamée par le TLP, à la condamnation des propos blasphématoires venus d'Occident et à l'unité des pays musulmans sur cette question, avait été déposée mercredi. Elle demandait également que les autorités réservent un lieu dans les villes pour y tenir les prochaines manifestations.

Mais la session de vendredi à l'Assemblée nationale s'est déroulée dans la cohue, les députés étant en désaccord sur la manière de procéder. Pendant que certains scandaient des slogans anti-français, d'autres ont brandi une pancarte appelant au renvoi du diplomate français.

Le président de l'Assemblée a finalement ajourné la session sine die.

La simple présentation de cette motion devant l'Assemblée nationale semble cependant avoir calmé les partisans du TLP, qui avaient manifesté pendant une semaine après l'arrestation le 12 avril de leur chef pour avoir appelé à une marche entre Lahore (Est) et Islamabad (Nord) afin de réclamer l'expulsion de l'ambassadeur français.

Alors que les manifestations prenaient de l'ampleur et devenaient de plus en plus violentes, l'ambassade de France avait appelé ses ressortissants à quitter le pays, ce que peu semblent avoir fait.

Le ministre de l'Intérieur, Sheikh Rashid Ahmed, qui a négocié la fin des manifestations avec les responsables du TLP, a indiqué que cinq policiers et huit manifestants ont été tués.

Malgré la décision du gouvernement d'interdire le parti et le maintien en détention de son chef, le TLP a renoncé mardi à toute nouvelle action et le calme est depuis revenu.

"Nous n'avons pas fait de concessions", a assuré le ministre de l'Information, Fawad Chaudhry, lors d'une conférence de presse mercredi. 

Par le passé, le Premier ministre Imran Khan a été accusé d'être conciliant avec le TLP, par crainte de se mettre à dos les conservateurs pakistanais. 

Lundi, il a appelé le TLP à mettre fin aux violences, estimant que l'expulsion de l'ambassadeur français n'aurait que des conséquences négatives pour le Pakistan, notamment sur ses relations économiques avec l'Europe.

L'islam dans son interprétation stricte interdit toute représentation de Mahomet et la question du blasphème est particulièrement sensible au Pakistan, où elle transcende les frontières entre les partis.

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