L'ouest du Tchad meurtri par un nouvel attentat-suicide attribué à Boko Haram

L'ouest du Tchad meurtri par un nouvel attentat-suicide attribué à Boko Haram
Des soldats tchadiens à proximité de N'Djamena, le 3 janvier 2020

, publié le lundi 20 janvier 2020 à 17h46

Un nouvel attentat-suicide portant la marque de Boko Haram a tué neuf civils dans la nuit de dimanche à lundi dans la province du lac Tchad, où les attaques du groupe jihadiste se multiplient ces derniers mois.

"Une kamikaze s'est fait exploser hier (dans la nuit) à Kaiga Kindjiria" et a "provoqué la mort de 9 personnes, dont 2 femmes et 7 hommes", a indiqué à l'AFP un responsable de la sécurité dans la région sous couvert d'anonymat. 

Cette attaque ainsi que le nombre de victimes ont été confirmés à l'AFP par le porte-parole de l'armée tchadienne, le colonel Azem Bermandoa.

- 'C'est Boko Haram' -

"Aux alentours de 23H00, une jeune femme kamikaze s'est infiltrée dans une concession où se trouvaient des jeunes femmes et hommes", a précisé à l'AFP un responsable local s'exprimant sous couvert d'anonymat. 

"C'est Boko Haram, il n'y a  pas doute", selon le porte-parole de l'armée. 

Kaïga Kindjiria est un village d'environ 7.000 habitants situé dans la province du Lac Tchad. Il est régulièrement pris pour cible par le groupe jihadiste. 

Le 14 août dernier, une kamikaze avait déjà fait exploser sa ceinture dans la même localité, tuant cinq civils et un militaire.


Depuis plusieurs mois, les attaques jihadistes se sont multipliées autour du Lac Tchad, une vaste étendue d'eau truffée d'îlots et de marécages partagée par le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria. 

C'est au Nigeria qu'est née l'insurrection de Boko Haram en 2009, avant de se propager dans les pays voisins. La faction de Boko Haram affilié au groupe de l'Etat islamique, ISWAP, est particulièrement active dans cette zone.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre Boko Haram et ISWAP au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du Lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

- Parly à N'Djamena -

Début janvier, l'ensemble des 1.200 Tchadiens de la FMM déployé depuis des mois au Nigeria sont rentrés au Tchad pour être redéployé sur les pourtours du Lac, côté Tchad, où les attaques se sont multipliées ces derniers mois. Mi-décembre, au moins 14 personnes ont été tuées dans un village de pêcheurs dans la même zone où a été perpétré l'attentat-suicide.

Chez son voisin camerounais, même constat: la région de l'Extrême-nord, qui borde une partie du Lac, est confrontée depuis plusieurs mois à un regain d'attaques de jihadistes nigérians de Boko Haram, selon Amnesty International. L'ONG décompte 275 personnes tuées en 2019, des civils pour la plupart. 

Cet attentat-suicide intervient alors que la ministre française des Armées, Florence Parly, en visite à N'Djamena lundi, a souligné "l'engagement très fort" du Tchad dans la lutte contre le jihadisme au Sahel, où opèrent d'autres groupes jihadistes.

Présente au sein du G5 Sahel avec le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie, l'armée tchadienne intervient bien en dehors de son territoire. Elle a ainsi récemment annoncé l'envoi d'un bataillon (480 personnes) dans la région des trois frontières, entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, victime de sanglantes attaques de groupes jihadistes. 

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