Nucléaire iranien : Paris «prend note» des accusations de Netanyahou, l'AIEA sceptique

Nucléaire iranien : Paris «prend note» des accusations de Netanyahou, l'AIEA sceptique
Lundi 30 avril, Tel-Aviv. Benjamin Netanyahou lors de sa conférence de presse accusant l'Iran.

leparisien.fr, publié le mardi 01 mai 2018 à 12h46

Le Premier ministre israélien dit avoir des éléments sur un programme secret des Iraniens. L'UE et l'AIEA semblent sceptiques.

Les accusations lancées lundi soir par Benjamin Netanyahou sur un éventuel plan secret que l'Iran pourrait activer à tout moment pour se doter de la bombe atomique ont provoqué des réactions contrastées ce mardi. La France a réagi en estimant que « la pertinence de l'accord » sur le nucléaire iranien était « renforcée » par ces déclarations alors que l'Union européenne a fait part de ses doutes sur ces « preuves ». L'AIEA, l'Agence internationale de l'énergie atomique chargée du contrôle et du suivi du dossier du nucléaire iranien, a elle estimé qu'il n'y avait « aucune indication crédible » de programme nucléaire de l'Iran après 2009.

« Nous prenons note des informations présentées par le Premier ministre israélien au sujet des activités passées de l'Iran dans le domaine nucléaire, assure le ministère des Affaires étrangères. Ces informations devront être étudiées et évaluées en détail ». Selon Paris, elles confirment en tout cas la visée non-civile d'une partie du programme nucléaire iranien, ce qui avait conduit à l'accord de 2015, « l'un des plus exhaustifs et des plus robustes dans l'histoire de la non-prolifération nucléaire ».

Et Paris, qui demande « une totale coopération de l'Iran et une pleine transparence sur cette question », de saisir l'occasion pour militer pour un complément de l'accord iranien, comme l'a proposé Emmanuel Macron : « Les nouvelles informations présentées par Israël pourraient également confirmer la nécessité d'assurances de plus long terme sur le programme iranien ».

« Pas de violation par l'Iran de ses engagements nucléaires »

Côté européen, la cheffe de la diplomatie Federica Mogherini a estimé que les affirmations de Benjamin Netanyahou ne remettaient pas « en question » le respect par Téhéran de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

« Nous devons évaluer les détails de la déclaration du Premier ministre », a précisé Federica Mogherini. Elle a également souligné l'importance d'obtenir une évaluation de ces affirmations par l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) qui « est la seule organisation internationale impartiale et internationale chargée de surveiller les engagements nucléaires de l'Iran ».

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Mais « ce que j'ai vu dans les premiers rapports, c'est que le Premier ministre Netanyahou n'a pas remis en question le respect par l'Iran des engagements du JCPOA », acronyme de l'accord de 2015 entre l'Iran et six grandes puissances internationales, a dit la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères. « Je n'ai pas vu d'arguments du Premier ministre Netanyahou pour le moment sur un non-respect, c'est-à-dire une violation par l'Iran de ses engagements nucléaires », a-t-elle insisté.

« Un menteur invétéré » pour l'Iran

Pour l'Iran, les propos du Premier ministre sont l'œuvre d'« un menteur invétéré, en panne d'idées », comme l'affirme mardi le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué.

Ces allégations « éculées, sans intérêt, et honteuses » sont celles de « dirigeants sionistes ne voient pas d'autres moyens pour assurer la survie de leur régime illégal que de menacer les autres en usant d'un bluff ressassé », avance le ministère dans ce communiqué publié sur son site Internet.

Benjamin Netanyahou a fait cette sortie alors que le président américain Donald Trump doit annoncer d'ici au 12 mai s'il retire, comme il a menacé à de nombreuses reprises, ou non les États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 à Vienne.

Cet accord entre la République islamique et le Groupe 5 + 1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) prévoit la limitation du programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales.

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