Nouvelle-Zélande: la travailliste Ardern en position de former un gouvernement

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 Jacinda Ardern, leader de l'opposition travailliste de Nouvelle-Zélande, lors d'un meeting à Auckland, le 19 octobre 2017

Jacinda Ardern, leader de l'opposition travailliste de Nouvelle-Zélande, lors d'un meeting à Auckland, le 19 octobre 2017

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© AFP, Marty MELVILLE
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AFP, publié le jeudi 19 octobre 2017 à 10h46

Jacinda Ardern, leader de l'opposition travailliste de Nouvelle-Zélande, était en mesure jeudi de former un gouvernement après avoir obtenu le soutien du populiste Winston Peters placé en position d'arbitre par des législatives indécises.

Près de quatre semaines après le scrutin du 23 septembre, le parti New Zealand First (NZF) de Winston Peters a donc opté pour le centre gauche plutôt que pour le centre droit du Premier ministre sortant Bill English.

Avec ce soutien, les travaillistes et les Verts ont le nombre d'élus suffisant pour constituer un gouvernement.

"C'est un grand jour", a déclaré la candidate de centre gauche âgée de 37 ans dans un bref communiqué. "Nous aspirons à être un gouvernement pour tous les Néo-Zélandais, un gouvernement qui saisira les opportunités pour construire une Nouvelle Zélande plus juste, meilleure."

M. English a rapidement concédé sa défaite électorale devant les journalistes: "La Nouvelle-Zélande a élu au terme d'un processus démocratique un gouvernement différent et nous lui souhaitons bonne chance."

Travaillistes et Verts doivent encore donner leur aval formel à la formation du gouvernement de coalition. Mme Ardern deviendra le cas échéant la plus jeune dirigeante de la Nouvelle-Zélande depuis 1856 et la troisième femme à occuper le fauteuil de Premier ministre. 

"Nous avions le choix entre un statu quo modifié et le changement. (...) C'est pourquoi au bout du compte nous avons choisi un gouvernement de coalition entre NZF et le Parti travailliste", a de son côté déclaré M. Peters, 72 ans, à la presse.

Le faiseur de roi s'est fait beaucoup attendre avant d'annoncer son choix entre le Parti national de centre-droit du Premier ministre sortant Bill English et les travaillistes. Il a maintes fois repoussé la date-limite qu'il s'était lui-même fixée pour annoncer son choix.

- 'Talent extraordinaire' -

Il n'a pas tari d'éloges jeudi pour Mme Ardern, qui a réussi un spectaculaire renversement de tendance en faveur de son camp encore au fond du trou cet été. 

"Elle a fait preuve d'un talent extraordinaire pendant la campagne elle-même alors qu'elle était dans une position désespérée", a-t-il dit.

Aucun des deux grands partis n'avait obtenu la majorité absolue de 61 sièges aux législatives. Ils avaient donc besoin du soutien de M. Peters et de ses neuf sièges.

M. Peters, 72 ans, d'origine maorie et écossaise, a multiplié les exigences durant la campagne. Il est connu pour ses prises de position contre l'immigration asiatique et pour son protectionnisme. 

Mme Ardern l'a remercié pour son soutien, parlant d'une "étape critique pour constituer un gouvernement progressiste emmené par les travaillistes".

Propulsée début août à la tête d'un parti travailliste aux abois et alors donné totalement perdu par les instituts de sondages, la trentenaire a fait campagne sur des thèmes comme l'accès au logement, la gratuité de l'éducation supérieure, l'environnement ou l'amélioration du système de santé.

Au final, ces élections constituent un cinglant revers pour M. English qui avait pourtant réalisé une bonne campagne et raflé 44,4% des voix, contre 36% pour les travaillistes.

Cela sera donc la première fois depuis l'entrée en vigueur en 1996 d'un nouveau système électoral - qui implique que les Néo-Zélandais votent d'une part pour une liste et de l'autre pour un candidat - que le parti majoritaire n'est pas celui qui forme le gouvernement.

M. Peters a refusé de dire ce qu'il avait obtenu en termes de postes ou de politique en échange de son ralliement à Mme Ardern.

Certains experts pensent que les revendications de NZF portent notamment sur la baisse des quotas d'immigration, l'interdiction des investissements immobiliers étrangers en Nouvelle-Zélande et le développement régional.

M. Peters avait en 1996 aidé les conservateurs à prendre le pouvoir contre un poste de vice-Premier ministre. En 2005, il avait rejoint une coalition travailliste en échange des Affaires étrangères.

 
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