Nouveau directeur à l'AIEA: Téhéran espère que l'Agence restera "neutre"

Nouveau directeur à l'AIEA: Téhéran espère que l'Agence restera "neutre"
Le nouveau chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Mariano Grossi, le 2 octobre 2019 dans les locaux de l'organisation à Vienne

, publié le jeudi 31 octobre 2019 à 10h49

L'Iran a salué jeudi l'élection de l'Argentin Rafael Grossi à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), exprimant le vœu que sous sa conduite l'organisation reste "neutre" dans l'accomplissement de sa mission.

M. Grossi a été élu mardi à la tête du gendarme mondial du nucléaire, après le décès de son directeur général Yukiya Amano en juin.

L'AIEA est chargée notamment du contrôle des activités nucléaire de l'Iran, soumis au régime d'inspection le plus strict jamais supervisé par l'Agence.

La République islamique espère que sous le mandat de M. Grossi, l'agence onusienne "pourra assurer ses responsabilités internationales et sa délicate mission de façon neutre et professionnelle", a déclaré dans un communiqué le porte-parole des Affaires étrangères, Abbas Moussavi.

"L'Iran est prêt à maintenir et étendre ses interactions et sa coopération avec l'Agence dans un esprit de bonne volonté et de respect mutuel", a ajouté M. Moussavi.

Le régime d'inspection des activités nucléaires de la République islamique découle de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 à Vienne entre l'Iran et le Groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne).

Cet accord prévoit un allégement des sanctions internationales contre l'Iran en échange de garanties destinées à prouver que le programme nucléaire iranien n'a aucune visée militaire.

Avec le retrait unilatéral des Etats-Unis de ce pacte en mai 2018, et le rétablissement et le renforcement de sanctions américaines contre l'Iran, Téhéran est privée des bénéfices économiques qu'elle escomptait de l'accord.

En mai 2019, la République islamique a commencé à réduire certains de ses engagements afin, selon elle, de contraindre les autres parties à l'accord, surtout les Européens, à lui permettre de commercer avec le monde extérieur en contournant les sanctions américaines, et principalement de pouvoir exporter son pétrole.

Faute de progrès pour satisfaire cette exigence, Téhéran pourrait annoncer le 4 novembre une nouvelle phase de réduction de ses engagements, la quatrième depuis mai.

"La voie de la diplomatie (reste) ouverte et il y a des tentatives et des actions de la part des Européens, et en particulier des Français, (qui) essaient de respecter leurs engagements", a déclaré M. Moussavi à la télévision d'Etat.

Cependant, a-t-il ajouté, "ces efforts n'ont débouché sur aucun résultat concret", et "si la situation reste en l'état, nous passerons très probablement à la quatrième étape" de la réduction des engagements iraniens, à l'issue du nouveau délai de 60 jours donné par la République islamique à ses partenaires de l'accord le 5 septembre.

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