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Nigeria : heurts sanglants entre communautés, un couvre-feu instauré

Nigeria : heurts sanglants entre communautés, un couvre-feu instauré
Le président nigérian Muhammadu Buhari (ici lors de sa visite à la Maison-Blanche en avril)

leparisien.fr, publié le lundi 25 juin 2018 à 08h05

L'Etat du Plateau, dans le centre du pays, est secoué par des affrontements entre éleveurs et fermiers. Une attaque a encore fait au moins 86 morts samedi.

Le centre du Nigeria est le cadre d'affrontements entre éleveurs et fermiers qui ont fait plusieurs dizaines de morts ces derniers jours. Un couvre-feu a été instauré « pour éviter une rupture de la loi et de l'ordre », a déclaré un porte-parole du gouvernement de l'Etat du Plateau, Rufus Bature.

Samedi, une enquête menée samedi dans les villages de la région de Barikin Ladi, dans l'Etat du Plateau, a permis de déterminer qu'un total de « 86 personnes avaient été tuées », selon la commissaire de police Undie Adie, dans une attaque présumée d'éleveurs nomades visant des fermiers. Six personnes ont également été blessées et 50 maisons incendiées, selon cette responsable policière.

Dimanche encore, des jeunes de l'ethnie Berom ont mis en place des barricades sur la route entre Jos, capitale de l'Etat, et Abuja, capitale fédérale, pour attaquer les automobilistes qui ressemblaient à des « Peuls et des musulmans », selon des voyageurs ayant échappé aux attaques.

Nouvelles promesses d'action du président

Policiers et militaires ont confirmé les attaques contre les véhicules, sans donner de bilan. Selon un voyageur, au moins six personnes ont été tuées. « Je m'en suis sorti avec des vitres brisées et des dommages sur ma voiture. J'ai vu six cadavres et plusieurs véhicules abîmés », a-t-il raconté.

Le président Muhammadu Buhari, parfois accusé de ne pas agir suffisamment contre l'insécurité, a lancé un appel au calme « et assure qu'aucun effort ne sera épargné » pour traduire les criminels en justice et prévenir de nouvelles attaques. « Les pertes de vies et les destructions [...] sont douloureuses et déplorables », a déclaré le chef de l'Etat nigérian, cité par la présidence.

« Des plans d'opérations sont en cours d'application pour sécuriser les communautés qui ont été frappées et pour capturer les auteurs de ces crimes », a déclaré de son côté le gouverneur de l'Etat du Plateau, Simon Lalong. « Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour sécuriser notre Etat immédiatement », a-t-il promis.

Le principal problème de sécurité du pays Les dernières violences de samedi et dimanche au Nigéria s'inscrivent dans un cycle d'attaques et de représailles entre les communautés d'éleveurs et d'agriculteurs de l'Etat du Plateau. Entretenues par la concurrence entre appartenances ethniques, religieuses et politiques, elles ont fait des milliers de morts dans la région au cours des dernières décennies. Des experts estiment qu'elles pourraient devenir le principal problème de sécurité du pays et surpasser les attaques du groupe islamiste Boko Haram, qui a fait plus de 20.000 morts et près de 2,3 millions de déplacés depuis 2009 dans le nord-est du pays. Le président du Sénat, Bukola Sakari, s'est inquiété dimanche du fait que les dernières attaques créaient le sentiment que le pays n'était « pas sûr ». « Il est important pour les Nigérians de commencer à avoir l'assurance que le gouvernement réagit de manière décisive aux menaces actuelles contre les vies et les biens », a-t-il dit.

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