Nicaragua: marche de l'opposition après les attaques d'Ortega

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Le président Daniel Ortega lors d'un rassemblement de ses partisans pour le 39e anniversaire de la révolution sandiniste, le 19 juillet 2018 à Managua, au Nicaragua
Le président Daniel Ortega lors d'un rassemblement de ses partisans pour le 39e anniversaire de la révolution sandiniste, le 19 juillet 2018 à Managua, au Nicaragua
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© AFP, MARVIN RECINOS

AFP, publié le samedi 21 juillet 2018 à 09h01

Une marche de l'opposition nicaraguayenne doit se dérouler samedi à Managua au moment où le dialogue avec le pouvoir est quasi rompu après les propos du président Daniel Ortega accusant l'Eglise et l'opposition de fomenter un "coup d'Etat". 

La marche prévue à Managua a été appelée par l'opposition en solidarité avec la ville de Masaya, bastion de l'opposition violemment repris mercredi par les forces fidèles au président nicaraguayen. 

Lundi, une autre manifestation est prévue afin de réclamer la libération des manifestants actuellement détenus, et justice pour les personnes tuées depuis le début de la crise, il y a trois mois.

"La lutte du peuple nicaraguayen se poursuivra par une insurrection de la société contre la dictature d'Ortega", a averti Azahálea Solis, de l'Alliance Civique pour la Justice et la Démocratie.

Jeudi, lors de la commémoration du 39e anniversaire de la révolution de 1979, M. Ortega a accusé les évêques de ne pas être des médiateurs mais d'"être engagés aux côtés des putschistes" ayant pour objectif de le destituer.

"Nous allons méditer les paroles du président et prendre ensuite une décision", a déclaré vendredi en réponse le cardinal Leopoldo Brenes, président de la Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN).

L'opposition a apporté vendredi son soutien aux évêques, affirmant qu'elle ne permettra pas que leur action de médiateurs soit "criminalisée".

L'Alliance citoyenne pour la démocratie, qui groupe des étudiants, des chefs d'entreprise et des représentants de la société civile, a exigé comme préalable au dialogue "la fin de la répression" et la remise en liberté de deux de ses membres.

Depuis mi-mai, un dialogue tendu s'est engagé entre le président et l'opposition sous l'égide de l'Eglise catholique pour parvenir à une réconciliation nationale. La dernière session plénière des pourparlers remonte au 15 juin.

"Ce qu'il (Ortega) fait, c'est disqualifier la médiation des évêques parce qu'il ne veut plus négocier" car il doit "aborder la question de la démocratisation", a déclaré à l'AFP le politologue José Antonio Peraza, directeur exécutif du Mouvement pour le Nicaragua.

"Ortega a disqualifié les évêques pour avoir son propre dialogue, un dialogue qu'il peut contrôler", a déclaré à l'AFP Azahálea Solís, l'un des délégués de l'opposition qui participe aux négociations avec le gouvernement.

Les évêques "sont la conscience morale du pays et nous devons serrer les rangs avec eux", a déclaré sur Twitter l'ancien vice-président et écrivain Sergio Ramirez.

L'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Organisation des Etats américains (OEA), Carlos Trujillo a de son côté assuré vendredi que "les États-Unis vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour ramener le Nicaragua à la démocratie".

De son côté, l'église catholique du Venezuela a adressé une lettre aux évêques et au peuple du Nicaragua, dans laquelle elle exprime sa solidarité et condamne la "mort d'innocents".

Depuis le 18 avril, plus de 280 personnes ont perdu la vie dans une vague de manifestations pour réclamer la destitution de Daniel Ortega.

Il est accusé d'avoir durement réprimé les manifestations et mis en place avec son épouse une "dictature" marquée par la corruption et le népotisme.

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