Nicaragua: le gouvernement tente de reprendre le contrôle de Masaya

Nicaragua: le gouvernement tente de reprendre le contrôle de Masaya
Des contestataires à Masaya, Nicaragua, le 18 juin 2018

AFP, publié le mardi 19 juin 2018 à 19h00

Les autorités du Nicaragua tentaient mardi de reprendre le contrôle de la ville de Masaya, déclarée par ses habitants en rébellion contre le président Daniel Ortega, avec des contingents de policiers accompagnés, selon plusieurs sources, par des groupes paramilitaires.

"On entend de fortes détonations de rafales (de fusils) dans les quartiers de Coyotepe, La Barranca et à l'entrée principale de Masaya, qui est sous le contrôle" des forces progouvernementales, a déclaré le secrétaire de l'Association nicaraguayenne pro droits de l'homme (ANPDH), Alvaro Leiva.

L'opération, déclenchée tôt dans la matinée, a déjà fait au moins huit blessés et "nous lançons un SOS, pour que cessent cette attaque et la terreur" qu'elle provoque dans la population, a ajouté M. Leiva auprès de la chaîne indépendante 100% Noticias.

Cette ville de 100.000 habitants, située à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale Managua, est devenue ces derniers jours l'épicentre des violences au Nicaragua, secoué par une vague de contestation qui exige le départ du président Ortega et a fait 180 morts en deux mois.

"Masaya reste ferme, mais face à cette attaque démesurée et d'une force incomparable, les citoyens exercent une résistance physique dans la mesure de leurs possibilités car ils doivent préserver leurs vies", a indiqué Alvaro Leiva.

L'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez, a lancé lui aussi un appel sur Twitter: "Arrêtez l'attaque sur Masaya. Respectez la vie de la population".

Les forces progouvernementales, aidées de tracteurs et de camions de la ville de Managua, dégageaient les barrages installés par les opposants sur la route menant à Masaya, tandis que les jeunes protégeant ces barricades fuyaient en courant, poursuivis par des groupes violents de partisans du président Ortega, ont témoigné des habitants aux médias locaux.

Des dizaines de femmes étaient sur la route pour rejeter, à coups de sifflets, l'action des forces de l'ordre, selon les mêmes témoignages.

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