Nicaragua: des dizaines de personnes blessées lors d'affrontements à Masaya

Nicaragua: des dizaines de personnes blessées lors d'affrontements à Masaya
Un manifestant affronte la police, lors d'une manifestation demandant le départ du président Daniel Ortega à Masaya, au Nicaragua, le 12 mai 2018
A lire aussi

AFP, publié le dimanche 13 mai 2018 à 07h38

Des dizaines de personnes ont été blessées samedi lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre dans la ville nicaraguayenne de Masaya, ont affirmé des prêtres et des habitants qui implorent le gouvernement de mettre fin à la répression. 

"Je regrette les incidents actuels, c'est vraiment triste que nous soyons confrontés les uns aux autres. On m'a dit qu'il y a eu un mort et plusieurs blessés, j'invite tout le monde à chercher des moyens afin de mettre fin à cette situation qui n'apporte que de la souffrance", a écrit dans un communiqué le cardinal Leopoldo Brenes, président de la Conférence épiscopale.

L'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez, a exigé via les réseaux sociaux que le président Daniel Ortega "explique de manière claire ce qui vient de se passer à Masaya et montre sa volonté d'éviter le chaos". 

Selon le représentant de l'Association nicaraguayenne pour la protection des droits de l'homme (ANPD), Alvaro Leiva, plus de 100 personnes ont été blessées à Masaya depuis le début des émeutes, vendredi soir. 

Le président Ortega a de son côté appelé à ce que soit mis fin à la violence à Masaya et souligné que "la paix est la voie et la seule porte de la coexistence". 

"Nous souhaitons réitérer notre appel et notre engagement à mettre fin à la mort et à la destruction. Qu'il n'y ait plus d'effusion de sang entre frères et sœurs", a déclaré M. Ortega dans une allocution télévisée lue alors que se déroulaient les affrontements. 

Un médecin travaillant comme volontaire à Masaya et ayant requis l'anonymat, a déclaré à l'AFP que pour le seul poste de secours où il travaillait, plus de 25 personnes ont été blessées.

Le prêtre de l'église San Miguel, Edwin Roman, a décrit à l'AFP Masaya comme "un champ de bataille". Selon lui, au milieu du chaos, des groupes criminels ont mis le feu à l'hôtel de ville, au marché artisanal et à certaines entreprises et maisons de la ville.

"Nous condamnons la répression subie par le peuple de Masaya. Nous appelons le gouvernement à ordonner à la police de ne pas continuer à tirer sur la population", a exigé le Centre nicaraguayen pour les droits de l'homme (Cenidh).

Les affrontements à Masaya ont débuté vendredi soir et se sont poursuivis samedi dans le cadre des manifestations anti-gouvernementales qui secouent le pays depuis le 18 avril et qui ont fait 51 morts à ce jour.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.