Mort de Soleimani : la communauté internationale appelle à la retenue

Mort de Soleimani : la communauté internationale appelle à la retenue
Le général iranien Qassem Soleimani, figure clé de l'influence de la République islamique au Moyen-Orient, a été tué dans un raid américain vendredi 3 décembre à Bagdad, en Irak.

, publié le vendredi 03 janvier 2020 à 17h00

En France, le président Emmanuel Macron a appelé, vendredi, l'Iran à "revenir rapidement au plein respect de ses obligations nucléaires et à s'abstenir de toute provocation".

La mort du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain tôt, vendredi 3 janvier à Bagdad, a suscité une vague d'inquiétude à travers le monde. La plupart des États ont ainsi appelé au calme pour éviter une "escalade", tandis que Téhéran a promis des représailles.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a ainsi promis de "venger" la mort du militaire, en charge des opérations extérieures de l'Iran, et décrété un deuil national de trois jours. 

De son côté, quelques heures après l'annonce de la mort du général, le président irakien Barham Saleh a appelé "tout le monde à la retenue", tandis que le Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi a estimé que le raid américain allait "déclencher une guerre dévastatrice en Irak".


Une "escalade dangereuse des tensions"

En France, le président Emmanuel Macron a appelé l'Iran à "revenir rapidement au plein respect de ses obligations nucléaires et à s'abstenir de toute provocation", selon un communiqué de l'Élysée. Le chef de l'État va rester en "contact étroit" avec le président russe Vladimir Poutine sur la situation en Irak, pour "éviter une nouvelle escalade dangereuse des tensions et appeler toutes les parties à la retenue", a également annoncé vendredi l'Elysée.

Appel à la retenue

Cet assassinat risque de "sérieusement aggraver la situation" au Proche-Orient, a mis en garde, vendredi, le président russe Vladimir Poutine lors d'une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron. "Le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe", a affirmé de son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué. Dans un texte très court, le représentant de l'ONU a également appelé "les dirigeants à faire preuve du maximum de retenue" dans ce moment de tensions.

Une "lâche agression américaine"

"Le cycle de violence, de provocations et de représailles doit cesser" en Irak, a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, pour qui "trop d'armes et trop de milices ralentissent le processus vers un retour à une vie normale pour les citoyens irakiens". De même, l'Allemagne a également exprimé sa "grande inquiétude", la porte-parole de la chancellerie, Ulrike Demmer appelant à la recherche de solutions "par la voie diplomatique".

En Syrie, le régime a dénoncé une "lâche agression américaine", y voyant une "grave escalade" pour le Moyen-Orient, selon l'agence officielle Sana.

"Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière"

De l'autre côté de l'Atlantique, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé que les États-Unis souhaitaient désormais la "désescalade" après la mort du général. Selon lui, le militaire iranien préparait une "action d'envergure" menaçant des "centaines de vies américaines". 

"Le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière, et il doit au peuple américain une explication", a dénoncé pour sa part, l'ancien vice-président Joe Biden, en lice pour la primaire démocrate en vue de l'élection présidentielle de novembre.  

Rare soutien officiel, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé que les États-Unis avaient le "droit" de "se défendre". "Qassem Soleimani est responsable de la mort de citoyens américains et d'autres innocents et planifiait de nouvelles attaques", a-t-il assuré.
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.