Migrants : le nouveau ministre de l'Intérieur italien en appelle à l'Europe

Migrants : le nouveau ministre de l'Intérieur italien en appelle à l'Europe
IMatteo Salvini est le nouveau ministre de l'Intérieur italien depuis le 1er juin.

leparisien.fr, publié le lundi 04 juin 2018 à 22h09

Matteo Salvini multiplie les sorties choc dans l'espoir d'obliger les autres pays européens à plus de solidarité.

« Clandestins, préparez-vous à faire les valises ! », a averti ce week-end, Matteo Salvini, à peine investi ministre de l'Intérieur en Italie. Une « agitation verbale qui va s'amoindrir à l'épreuve du pouvoir », veut croire Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman.

« Salvini ne peut pas renvoyer les réfugiés à la mer, mais il peut faire pression pour demander à l'Union européenne plus de moyens humains ou financiers », renchérit Patrick Martin-Génier, enseignant à Sciences-po et spécialiste des questions européennes.

Plus de 700 000 migrants sont arrivés dans la péninsule depuis 2013, dont 13 500 au cours des cinq derniers mois. Ces clandestins, en attente d'asile, sont - pour la plupart - massés dans des camps, financés en partie par des fonds européens. Tandis que ceux qui tentent de poursuivre vers le nord de l'Europe sont le plus souvent ramenés vers l'Italie, en vertu des accords de Dublin, qui obligent les migrants à faire une demande d'asile dans le premier pays européen qu'ils traversent.

Angela Merkel pour un «système flexible»

« Ce système ne marche plus, il faut alléger les procédures » estime Patrick Martin-Génier. Ce que réclame justement Salvini, qui se dit « abandonné. »

Le leader de la Ligue aurait-il été entendu ? Ce week-end, la chancelière allemande, Angela Merkel s'est, en tout cas, prononcée pour un « système flexible » alors que la France s'est déjà dite favorable à une revue des règles tout en disant avoir « toujours été solidaire. »

La France pourtant accusée par l'Italie de refouler systématiquement les réfugiés à sa frontière et qui se défend : « Si les Italiens ne bloquent pas la frontière, il y aura un afflux de migrants et ce serait un appel d'air contraire à leurs intérêts », estime-t-on à Paris.

Réduire les départs de migrants vers l'Europe

Sur le front intérieur, pour expulser les clandestins qui continuent d'arriver, Salvini promet un « bon coup de ciseau » dans les cinq milliards d'euros du budget italien consacré à l'accueil des réfugiés, souhaitant redispatcher une partie de cet argent pour expulser davantage encore et plus rapidement.

Sans attendre que l'Europe bouge, le ministre de l'Intérieur italien a rappelé samedi soir que son « objectif n'est pas de déplacer les migrants en Europe, mais de réduire les départs ». Il pourrait s'inspirer des arrangements conclus l'été dernier entre son prédécesseur Marco Minniti et la Libye pour mieux former les garde-côtes ou s'attaquer plus frontalement au trafic d'êtres humains.

Résultat : le nombre de migrants en provenance de Libye a baissé de 75 %. Mais bon nombre de pays d'origine ne souhaitent pas récupérer « leurs » migrants. Dans le viseur de Salvini, figurent aussi les ONG que le nouveau ministre accuse d'être des « vice-passeurs ». « Il va pouvoir être sévère avec les ONG et prendre des mesures qui paraissent choquantes, mais ça n'inversera pas la tendance », analyse Giulani.

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