Mexique : protestations après le meurtre d'une fillette

Mexique : protestations après le meurtre d'une fillette
Manifestation devant le palais présidentiel à Mexico le 18 février 2020 après le meurtre d'une fillette de sept ans
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, publié le mardi 18 février 2020 à 21h08

Pourtant confrontés à une violence omniprésente, les Mexicains ont réagi mardi avec une profonde indignation à l'assassinat brutal précédé de tortures d'une fillette de sept ans. 

Des dizaines de femmes se sont regroupées dans la matinée devant le palais présidentiel à Mexico pour manifester leur colère après cet assassinat choquant.

La découverte au cours du week-end, au sud-est de la capitale, du corps de la fillette qui portait des stigmates de tortures a aussi déclenché des protestations à l'école où elle était scolarisée, ainsi qu'à ses funérailles commencées lundi et qui s'achèvent mardi. 

L'indignation était aussi palpable sur les réseaux sociaux avec les mots-clés #Justiciaparatodas (Justice pour toutes) et #Niunamenos (Pas une de plus).

Portant des vêtements noirs et certaines le visage couvert, les protestataires ont exigé du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) la levée de l'impunité dont bénéficient les criminels et la fin de la violence sexiste.

Les circonstances du meurtre de la fillette ne sont toujours pas connues. 

Aux cris de "Ils violent des femmes, ils protègent les monuments !" les manifestantes ont exigé que le gouvernement d'AMLO assume sa responsabilité à l'égard de la sécurité des femmes.

"Monsieur, madame, ne soyez pas indifférents, les femmes sont tuées en plein jour !" et "les féminicides sont des crimes d'État !", ont scandé certaines d'entre elles.

Peu de temps après, elles ont observé une minute de silence, le poing levé, à la mémoire de la fillette assassinée.

Le président mexicain a affirmé que les autorités enquêtaient et que son gouvernement travaille sur les causes de la violence.

"Nous nous attaquons aux causes et nous pensons qu'il faut une société plus juste, plus égalitaire, fraternelle, avec des valeurs, où l'individualisme n'est pas ce qui prévaut mais l'amour du prochain", a déclaré le président au cours de sa conférence de presse quotidienne.

Interrogé par les journalistes, le président s'est déclaré favorable à la création d'un parquet spécialisé dans les féminicides.

"Je le conçois très bien et tout ce qui est fait pour parvenir à la paix et à la tranquillité, nous le voyons très bien et nous continuerons d'aider dans tous les domaines", a-t-il ajouté sans expliciter quoique ce soit.

Le corps de l'enfant a été retrouvé samedi dans la ville de Tlahuac. Elle avait disparu le 11 février.

Lundi, le bureau du procureur local a offert une récompense de deux millions de pesos (environ 100.000 euros) à ceux qui fourniraient des informations sur le ou les assassins.

Le meurtre de l'enfant a d'autant plus choqué le pays que quelques jours auparavant, des centaines de femmes avaient déjà manifesté dans plusieurs villes du Mexique contre le féminicide d'Ingrid Escamilla, 25 ans, assassinée par son partenaire au nord de Mexico.

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont exprimé mardi leur colère et leur découragement face au crime et à la violence à l'égard des femmes.

"Je suis fatiguée d'avoir peur, de voir une femme marcher seule et de m'inquiéter pour elle et maintenant j'ai même peur pour mes filles", écrit une femme (@samybc) sur Twitter.

Le Mexique a enregistré 1.006 victimes de féminicide en 2019, selon les chiffres officiels. Leur nombre pourrait être plus élevé car il existe des lacunes pour définir ce type de délit comme constituant un crime, selon les experts.

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