Présidentielle en Indonésie: manifestations interdites, l'opposition rejette les résultats

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Le président indonésien sortant Joko Widodo (au centre) avec son co-listier Maruf Amin (d) lors d'une conférence de presse après la présidentielle, à Jakarta le 17 avril 2019
Le président indonésien sortant Joko Widodo (au centre) avec son co-listier Maruf Amin (d) lors d'une conférence de presse après la présidentielle, à Jakarta le 17 avril 2019
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© AFP, BAY ISMOYO

AFP, publié le jeudi 18 avril 2019 à 16h53

Les autorités indonésiennes ont mis en garde jeudi contre toute manifestation après que le candidat de l'opposition à l'élection présidentielle Prabowo Subianto eut refusé de reconnaître les résultats provisoires qui accordent la victoire au président sortant Joko Widodo.

Le chef de la police nationale Tito Karnavian a prévenu que les élections qui se sont déroulées mercredi "de façon fluide et dans la sécurité" ne devaient pas être perturbées par des manifestations et a brandi la menace d'arrestations.

"En cas d'action illégale ou inconstitutionnelle qui menace la stabilité et la sécurité du public", les autorités "prendront des mesures fermes". "Nous ne le tolérerons pas", a-t-il averti.

"J'appelle tout le monde à s'abstenir de participer à des manifestations de masse, que ce soit pour se réjouir ou exprimer un mécontentement" face aux résultats, a souligné Tito Karnavian. 

Si les résultats officiels ne sont pas attendus avant le 22 mai, les estimations réalisées par les principaux instituts de sondage à partir des dépouillements - correctes lors des scrutins précédents - accordaient de 9 à 11 points d'avance au président sortant, surnommé "Jokowi".

Les rues de Jakarta étaient calmes jeudi après le scrutin géant de la veille dans ce pays de 260 millions d'habitants qui compte la plus importante population musulmane du monde.

Mercredi soir, seuls de petits groupes de partisans de Joko Widodo ont fêté sa victoire annoncée, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Jokowi s'est abstenu de proclamer sa victoire et a appelé ses partisans à la patience.

Il a expliqué jeudi avoir reçu des appels de plusieurs chefs d'Etat pour le féliciter ainsi que son pays pour le déroulement des élections.

Mais "nous devrons encore attendre les chiffres de la commission électorale (KPU)", a-t-il expliqué devant des journalistes, en appelant à continuer "à travailler à maintenir l'unité et l'harmonie de notre nation".

Son adversaire en revanche a affirmé dès mercredi soir qu'il avait gagné, citant un sondage alternatif dont il n'a pas cité la source, et assuré qu'il serait le prochain président de l'Indonésie.

Aux côtés de son colistier, il a réitéré jeudi sa revendication. "Sandiaga Uno et moi déclarons victoire comme président et vice-président", a-t-il déclaré devant ses partisans à Jakarta. Il a terminé son allocution aux cris d'"Allahu Akbar" (Dieu est grand) et "liberté!".

L'ancien général lié au régime du dictateur Suharto avait prévenu avant l'élection qu'il contesterait en justice les résultats et organiserait des manifestations en cas de fraude s'il perdait.

Des partisans de Prabowo Subianto ont appelé à une marche après la prière du vendredi à la mosquée Istiqlal, la plus grande de Jakarta.

L'ex-militaire de 67 ans qui tente depuis une quinzaine d'année de parvenir au pouvoir, avait déjà perdu devant Joko Widodo en 2014 et avait déposé un recours en justice avant de s'incliner.

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