Golfe: contre les "forces étrangères", l'Iran plaide pour un projet régional de sécurité

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Photo fournie par la présidence iranienne le 22 septembre 2019 montrant le président Hassan Rohani (C) et des responsables militaires lors d'un défilé du Corps des Gardiens de la Révolution, à Téhéran
Photo fournie par la présidence iranienne le 22 septembre 2019 montrant le président Hassan Rohani (C) et des responsables militaires lors d'un défilé du Corps des Gardiens de la Révolution, à Téhéran
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© AFP, -, Iranian Presidency

AFP, publié le dimanche 22 septembre 2019 à 16h29

L'Iran a dénoncé dimanche la présence de "forces étrangères" dans le Golfe et annoncé la présentation à l'ONU cette semaine d'un plan de coopération régionale "endogène", sur la sécurité de ce bras de mer crucial pour l'approvisionnement mondial de pétrole.

La région vit un "moment sensible et d'une importance historique", a déclaré le président iranien Hassan Rohani à l'ouverture d'un défilé militaire à Téhéran, alors que l'Iran est accusé par Washington et Ryad d'être derrière les attaques ayant visé deux installations pétrolières majeures en Arabie saoudite le 14 septembre.

L'Iran nie toute responsabilité dans ces attaques menées par voie aérienne et revendiquées par les rebelles yéménites. Mais dénonçant une "escalade spectaculaire de l'agression iranienne", le ministre de la Défense américain Mark Esper a annoncé vendredi le déploiement dans le Golfe de nouvelles forces américaines, assurant qu'elles seraient "défensives par nature".

Après avoir évoqué la possibilité d'une riposte militaire, Washington a calmé le jeu, privilégiant la "retenue" et une "solution pacifique", et annonçant de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran.

M. Rohani a assuré une nouvelle fois dimanche que la "résistance et l'unité" du peuple iranien viendraient à bout du "terrorisme économique" de Washington.

- "Insécurité et malheur" -

Dénonçant la présence de "forces étrangères", source "d'insécurité pour notre peuple" et ayant "toujours apporté malheur dans la région", M. Rohani a exhorté les Américains et leurs alliés occidentaux à se tenir "éloignés" du Golfe.

"De notre point de vue, la sécurité du golfe Persique vient de l'intérieur. La sécurité du golfe Persique est endogène, la sécurité du détroit d'Ormuz est endogène", a-t-il affirmé.

La République islamique marque chaque 22 septembre le début de la "semaine de Défense sacrée", qui commémore le déclenchement par Bagdad de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Tendant "la main de l'amitié et de la fraternité" aux autres pays riverains du Golfe, M. Rohani a annoncé qu'il comptait présenter "dans les prochains jours" à l'ONU un plan de coopération régionale destiné à assurer la sécurité du Golfe, du détroit d'Ormuz et de la mer d'Oman "avec l'aide des pays de la région".

Sur Twitter, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a indiqué que M. Rohani présenterait les détails de cette "initiative de paix d'Ormuz" à New York lors de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, où le président doit prononcer un discours mercredi.

Entouré des principaux responsables militaires du pays, M. Rohani a salué dimanche les troupes qui ont défilé devant lui à Téhéran.

Les fantassins de l'armée et des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique, ont précédé tanks, véhicules blindés et missiles comme le Khorramshahr, d'une portée annoncée de 2.000 km.

Selon les agences Fars et Tasnim, proche des ultraconservateurs, les principales nouveautés exhibées lors du défilé seraient un système de détection et de destruction à distance de mines terrestres et une nouvelle tête susceptible d'améliorer la vitesse des missiles Khorramshahr.

- Déploiement "modéré" -

Les tensions n'ont cessé de croître entre Téhéran et Washington depuis le retrait américain unilatéral en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran.

Washington et Téhéran ont frôlé l'affrontement militaire direct en juin. M. Trump avait dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes après que la République islamique eut abattu un drone américain dans la zone du détroit d'Ormuz.

Les attaques du 14 septembre ont réduit la production de pétrole saoudienne, entraîné une flambée des prix de l'or noir et ravivé les craintes d'un conflit militaire entre les Etats-Unis et l'Iran.

Selon Washington, le nouveau déploiement de troupes américaines dans la région du Golfe est "une première mesure" en réponse aux attaques du 14 septembre, à la demande de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis. Le nombre de troupes et l'équipement envoyés n'ont pas été décidés, mais il s'agira d'un déploiement "modéré", d'après l'état-major américain.


Samedi, le général de division Hossein Salami, chef des Gardiens de la Révolution, a prévenu que tout pays qui attaquerait l'Iran verrait son territoire devenir le "principal champ de bataille".

"Nous ne permettrons jamais qu'une guerre empiète sur le territoire de l'Iran", a ajouté l'officier, parlant à l'occasion de l'inauguration d'une exposition au cours de laquelle ont été dévoilés les débris du drone américain RQ-4 Global Hawk abattu en juin ainsi qu'un autre appareil sans pilote américain (RQ-170 Sentinel) récupéré intact en 2011.

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