En Géorgie, des dizaines de milliers de manifestants contre le gouvernement

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Manifestation d'opposants au gouvernement deevant le Parlement à Tbilissi, en Géorgie, le 17 novembre 2019
Manifestation d'opposants au gouvernement deevant le Parlement à Tbilissi, en Géorgie, le 17 novembre 2019
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© AFP, Vano Shlamov
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, publié le dimanche 17 novembre 2019 à 16h57

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à l'appel de l'opposition dimanche en Géorgie, après le rejet par la majorité au pouvoir d'une réforme du système électoral promise pour mettre fin à une précédente vague de contestation.

Plus de 20.000 manifestants se sont rassemblés dans l'après-midi devant le Parlement à Tbilissi, capitale de ce pays du Caucase, lors de la plus grande manifestation d'opposition de ces dernières années, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Ils étaient munis de drapeaux géorgiens et européens ainsi que d'une banderole géante "Tous contre un", adressée à Bidzina Ivanichvili, chef du parti majoritaire Rêve géorgien.

Sous pression de la rue en juin, le puissant oligarque Bidzina Ivanichvili avait promis de supprimer le mode de scrutin mixte pour les législatives d'octobre 2020 et d'introduire la proportionnelle.

Mais malgré la majorité écrasante de Rêve géorgien au Parlement, celui-ci a rejeté cette réforme, suscitant la colère des partis d'opposition, qui accusent M. Ivanichvili d'avoir orchestré l'échec du projet de loi et affirment que le parti au pouvoir bénéficie injustement du système actuel.

"Nous demandons que le gouvernement démissionne, qu'un gouvernement provisoire soit nommé et que des élections parlementaires anticipées soient organisées avec un système proportionnel", à déclaré à l'AFP Nika Melia, un des dirigeants du principal parti d'opposition géorgien, le Mouvement national uni.

"Nous demandons également la libération des prisonniers politiques", a ajouté M. Melia, qui a passé du temps en résidence surveillée pour son rôle dans les manifestations anti-gouvernement de l'été et a depuis l'interdiction de s'adresser à la foule lors de rassemblements. 

Des manifestants ont verrouillé les portes du parlement avec des cadenas, affirmant qu'aucun député ne serait autorisé à y entrer. Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a averti que "les tentatives d'assaut ou de blocage des bâtiments administratifs seront immédiatement empêchées".

Dans des images diffusées par la chaîne de télévision pro-opposition Mtavari TV on voyait de nombreux policiers anti-émeute déployés à l'intérieur du Parlement.

"Nous sommes là pour mettre fin au règne oligarchique d'Ivanichvili. Son gouvernement fantoche doit partir", a affirmé à l'AFP le manifestant Mzia Todoua, professeur de linguistique de 66 ans. 

Un étudiant de 19 ans,  Koté Dzidzigouri,  indiquait "demander des réformes électorales afin que les Géorgiens puissent élire un parlement auquel ils font confiance".

La manifestation anti-gouvernement de dimanche a été précédée par un autre rassemblement d'opposition cette semaine. 

Sur fond des protestations, les leaders de quasiment tous les partis d'opposition ont organisé jeudi des négociations inédites, en se promettant de mettre de côté leurs différends et de former un front uni contre le Rêve géorgien.

Conduit par l'homme le plus riche de Géorgie, Rêve géorgien est au pouvoir depuis 2012 mais sa popularité a fortement baissé ces derniers mois, sur fond de stagnation économique et de craintes d'un recul des acquis démocratiques de cette ex-république soviétique.

Des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté en juin contre M. Ivanichvili, soupçonné de contrôler en sous-main le pays et son gouvernement. 

A l'origine, les manifestations avaient été déclenchées par la présence de députés russes au Parlement géorgien, alors que les deux pays se sont opposés au cours d'une courte guerre en 2008. La police a réprimé ces rassemblements, laissant plusieurs manifestants éborgnés.

La vague de protestation avait finalement reflué avec la promesse d'une réforme électorale.

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