Melania Trump à la rencontre d'enfants sans-papiers dans le Texas

Melania Trump à la rencontre d'enfants sans-papiers dans le Texas
Melania Trump pose avec des agents de police ce jeudi à l'aéroport de McAllen (Texas).

leparisien.fr, publié le jeudi 21 juin 2018 à 22h44

La Première dame a visité un centre d'hébergement de mineurs retenus au Texas. Une manière pour le président de désamorcer la controverse sur les enfants de migrants séparés de leurs parents.

Après la controverse, la tentative d'apaisement. Dans un nouveau coup de théâtre, Melania Trump s'est rendue jeudi à la frontière avec le Mexique pour une visite surprise à des enfants sans-papiers. Un rôle d'émissaire du président américain, alors qu'il tente de regagner l'opinion publique, profondément choquée par sa politique de séparation des familles de clandestins.

Un détail vestimentaire n'a pas échappé à la presse américaine. Au moment de monter dans l'avion, sur la base d'Andrews (Maryland), Melania Trump portait une veste kaki avec inscrit dans le dos « I really don't care, do U ? » (« Je m'en fiche complètement, et vous ? »).

Une légèreté qui a quelque peu brouillé le message de compassion et d'empathie que la Première dame voulait adresser. « Ce n'est qu'une veste, il n'y a pas de message caché », a réagi la porte-parole de la Première dame, Stephanie Grisham. « Après l'importante visite d'aujourd'hui au Texas, j'espère que les médias ne vont pas choisir de se concentrer sur sa garde-robe », a-t-elle ajouté.

« Nous savons tous qu'ils sont là sans leurs familles et je veux vous remercier pour votre dur travail, votre compassion et la gentillesse que vous leur offrez en ces temps difficiles », a déclaré la Première dame, une fois arrivée à destination, aux professionnels d'un centre d'hébergement de McCallen, grande ville texane.

Elle s'exprimait quelques heures seulement après la volte-face spectaculaire de Donald Trump qui a mis fin mercredi, par décret, aux séparations polémiques.

Plus de 2300 enfants retenus sans leurs parents

De l'aveu même du milliardaire, Melania Trump a joué un rôle dans cette décision, qui ne règle toutefois pas la question des plus de 2300 mineurs arrachés à leurs parents depuis la mise en œuvre de sa politique de « tolérance zéro », début mai.

Quand retrouveront-ils leurs familles, demandent depuis mercredi ONG et opposition démocrate. « Je voudrais aussi vous demander comment je peux aider à réunir ces enfants avec leurs familles aussi vite que possible », a demandé Melania Trump, dans un développement quasi-surréaliste de cette controverse.

La Première dame doit aussi se rendre sur un site des gardes-frontières. L'idée du voyage est venue de Melania Trump, a précisé sa porte-parole, affirmant que son époux l'« a soutenue ». C'est d'ailleurs lui qui a annoncé aux médias son arrivée au Texas.

Trump relance son projet de mur avec le Mexique

Sous la pression du président et poussé par la crise des familles de migrants, le chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, s'est vu forcé de soumettre au vote jeudi deux réformes de l'immigration.

Les plans républicains collent au décret Trump : si les enfants ne seront plus séparés de leur famille, c'est parce qu'ils resteront désormais en centre de rétention avec leurs parents pendant les poursuites pénales. Mais ils vont bien au-delà du sort de ces familles déchirées. Au menu : financement du mur à la frontière mexicaine, statut des jeunes dits « Dreamers » -arrivés sans papiers aux Etats-Unis lorsqu'ils étaient enfants- et nette réduction de l'immigration légale, avec notamment de strictes limites au regroupement familial et un changement des critères d'attribution des visas de travail.

Par ailleurs, le ministère américain de la Santé (HHS) a demandé au Pentagone de se préparer à héberger sur des bases militaires 20 000 enfants migrants entrés sur le territoire américain non-accompagnés par des adultes.

Dans son décret signé mercredi, Donald Trump avait donné l'ordre au ministère de la Défense de mettre, si nécessaire, à disposition tout bâtiment pouvant être utilisé pour loger des migrants, voire de construire de nouvelles installations.

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