Mali : les attentats se multiplient à quatre mois de l'élection présidentielle

Mali : les attentats se multiplient à quatre mois de l'élection présidentielle

Les terroristes sont arrivés aux alentours de 15 heures, samedi, dans le «Super Camp» des Nations Unies à Tombouctou, où se trouvent alors des militaires français de l'opération Barkhane.

leparisien.fr, publié le lundi 16 avril 2018 à 06h29

L'attaque djihadiste perpétrée samedi visait le «Super Camp» de l'ONU et des forces françaises à Tombouctou, dans le nord du pays.

La guerre est loin d'être finie dans le Sahel, où les djihadistes continuent de sévir et de multiplier les attentats. Ce week-end, ils en ont fait la démonstration au Mali, lors d'une attaque inédite par son ampleur. « Particulièrement complexe et sournoise », a précisé l'état-major français, qui déplore sept blessés parmi ses soldats. Notamment en raison de la tactique à laquelle ont eu recours les terroristes.

Ils sont arrivés aux alentours de 15 heures, samedi, dans le « Super Camp » des Nations Unies à Tombouctou, la « perle du désert », où se trouvent alors des militaires français de l'opération Barkhane, ainsi que le QG de la mission de l'ONU au Mali (Minusma). Une force qui mobilise plus de 12 500 militaires issus d'une dizaine de pays... et déplore depuis sa création en 2013 plus de 160 casques bleus morts.

Des djihadistes déguisés en Casques bleus

« Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie », prônait le stratège chinois Sun Tzu. Les terroristes ont appliqué la maxime à la lettre. L'un de leur véhicule était en effet maquillé aux couleurs de l'ONU (avec le sigle UN), et l'autre, aux couleurs de l'armée malienne. Des djihadistes s'étaient même déguisés en Casques bleus. Certains étaient munis de ceintures d'explosifs. Trois voitures piégées ont explosé, dans le but de créer une brèche dans l'enceinte, avant que ne se déclenchent des combats âpres.

Des renforts tricolores ont immédiatement été engagés depuis Gao (Mali) et Niamey (Niger), d'où ont décollé une patrouille de Mirage 2 000 et une autre d'hélicoptères Tigre ainsi que des commandos, pour aider à reprendre le contrôle. « Les terroristes voulaient faire un gros coup, infliger un maximum de pertes en s'emparant de l'emprise », décrypte un militaire de haut rang.

À la nuit tombée, la situation sur le camp est stabilisée. Mais au prix d'une lutte intense, et de lourdes pertes. Un Casque bleu a été tué, une dizaine d'autres blessés. Sept soldats français sont touchés. Ils sont vite transportés vers les structures médicales tricolores, basées à Gao, à quelque 320 km à l'est de Tombouctou. L'état-major français se refusait dimanche soir à donner plus de précisions quant à leur état. « Cette attaque sournoise a été contrée. L'objectif de provoquer le plus de dégâts possible a échoué », a commenté son porte-parole, le colonel Patrik Steiger. Au petit matin, le calme était revenu sur le « Super Camp » de Tombouctou. Quinze assaillants ont été tués.

L'inquiétant retour des djihadistes

Ce site est régulièrement visé par des attaques de groupes armés. S'ils ont été dispersés et en grande partie chassés du pays par les forces françaises, à la suite de la guerre déclenchée par François Hollande en 2013, les djihadistes continuent d'opérer, ciblant régulièrement les forces de sécurité locale.

Des zones entières du nord du pays échappent au contrôle des Maliens, des militaires français et des Casques bleus. Plus inquiétant, depuis 2015, les attaques de djihadistes se sont même étendues dans le centre et le sud du pays. Et le phénomène déborde sur les pays voisins (Burkina, Niger...).

Devant la montée en puissance des islamistes radicaux, l'armée malienne a interdit dans certaines localités la circulation des motos et des pick-up, véhicules favoris des groupes armés. Une parade bien dérisoire qui montre bien qu'à quatre mois de l'élection présidentielle prévue fin juillet, les ultra-radicaux ont, au moins en partie, reconstitué leurs forces.

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