Mali : l'otage française Sophie Pétronin libérée

Mali : l'otage française Sophie Pétronin libérée
Sophie Pétronin avait été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao.

, publié le jeudi 08 octobre 2020 à 21h15

La Bordelaise Sophie Pétronin, 75 ans, avait été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao, au nord du Mali, où elle dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance.




La dernière otage française encore détenue dans le monde, Sophie Pétronin, ainsi que Soumaïla Cissé, figure de l'opposition malienne, présumés aux mains des jihadistes jusqu'alors, ont été libérées, a annoncé jeudi 8 octobre la présidence malienne sur les réseaux sociaux. La présidence de la République "confirme la libération de M.

Soumaïla Cissé et Mme Sophie Pétronin. Les ex-otages sont en route pour Bamako", a-t-elle indiqué sur Twitter.


Une information confirmée par la suite par l'Elysée. "Le Président de la République a appris avec un immense soulagement la libération de Madame Jeannine "Sophie" Pétronin, travailleuse humanitaire française retenue en otage au Mali depuis près de quatre ans. Heureux de la savoir libre, il adresse un message de sympathie à sa famille et à ses proches", a indiqué le palais présidentiel dans un communiqué. "Le Président de la République remercie tout particulièrement les autorités maliennes pour cette libération. Il les assure de l'entière volonté de la France de soutenir le Mali dans la lutte qu'il mène avec persévérance contre le terrorisme au Sahel."

Le gouvernement malien a ensuite annoncé dans un communiqué la libération des Italiens Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli, un prêtre enlevé au Niger en 2018. 

Un échange contre des jihadistes ?

La Bordelaise de 75 ans, à la santé fragile, avait été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao (nord du Mali), où elle dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance. Elle est apparue dans des vidéos diffusées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), alliance de groupes jihadistes affiliée à Al-Qaïda.

Soumaïla Cissé, deuxième à trois reprises de l'élection présidentielle, avait été kidnappé le 25 mars dans la région de Tombouctou (nord-ouest). A défaut de preuve formelle, les soupçons pèsent sur le groupe d'Amadou Koufa, l'une des composantes du GSIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans).

Depuis dimanche, la libération de dizaines de jihadistes détenus dans les prisons maliennes ainsi que des déclarations de responsables maliens s'exprimant sous couvert d'anonymat avaient suscité l'espoir d'un échange pour que Sophie Pétronin et Soumaïla Cissé retrouvent leurs familles. 

La famille de Mme Pétronin avait laissé entendre mardi que son transfert du nord du Mali vers la liberté était en cours, sans qu'apparaisse clairement de quels éléments tangibles elle disposait autres que l'élargissement des jihadistes ou la surchauffe médiatique.

Nombreux enlèvements au Sahel

De nombreux Français et étrangers ont été enlevés ou tués depuis 2010 dans le Sahel par des groupes jihadistes ou des malfaiteurs cherchant à monnayer leurs prises auprès des jihadistes. Le Mali est entraîné depuis les rébellions indépendantistes et jihadistes de 2012 dans une spirale de violence qui a fait des milliers de morts civils et militaires, malgré le déploiement de forces françaises et internationales, et s'est propagée au Burkina Faso et au Niger.

Cette violence s'est encore manifestée cette semaine : mort de trois militaires maliens dans une attaque menée par des individus non identifiés, enlèvement d'une vingtaine de villageois, également dans le centre du pays, et, au Burkina, assassinat de 25 civils par un groupe armé dans la nuit de dimanche à lundi. Au moins huit autres otages occidentaux resteraient détenus au Sahel.

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