Londres et Téhéran conviennent d'améliorer encore leur relation

Londres et Téhéran conviennent d'améliorer encore leur relation

Photo du président iranien Hassan Rohani recevant à Téhéran le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson le 10 décembre 2017

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AFP, publié le dimanche 10 décembre 2017 à 19h44

La Grande-Bretagne et l'Iran ont insisté dimanche sur les gros progrès encore nécessaires à l'amélioration de leur relation à l'occasion d'une visite à Téhéran du chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson.

Arrivé samedi M. Johnson a évoqué à Téhéran les "inquiétudes" de Londres à propos d'un nombre indéterminé d'irano-britanniques emprisonnés en Iran. Du côté iranien, sa venue a permis d'exprimer le sentiment de frustration des autorités face aux faibles retombées économiques obtenues par la République islamique depuis la conclusion de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

M. Johnson a rencontré dimanche matin le président iranien Hassan Rohani, selon un journaliste de l'AFP, peu après s'être entretenu avec le chef de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne, Ali Akbar Salehi.

Au cours de ses entretiens, M. Johnson a fait part de "nos inquiétudes concernant les dossiers consulaires des binationaux", indique un communiqué du Foreign Office. 

Avec M. Rohani, "les deux hommes ont parlé franchement des obstacles qui entravent la relation entre l'Iran et la Grande-Bretagne et sont convenus de la nécessité de faire des progrès dans tous ces domaines", ajoute le communiqué qualifiant d'"utile" la visite de M. Johnson. 

"Les deux parties veulent poursuivre sur leur lancée pour résoudre les questions difficiles [...] et préserver l'accord sur le nucléaire".

Durant l'entretien, M. Rohani a estimé que les relations entre la Grande-Bretagne et l'Iran n'avaient "pas atteint le potentiel que l'on pouvait espérer" après la conclusion de l'accord sur le nucléaire, et qu'il fallait "davantage d'efforts" en vue d'une "coopération mutuelle" optimale, selon un communiqué du gouvernement iranien. 

La visite de M. Johnson devait coïncider avec l'ouverture dimanche d'un nouveau procès, à huis clos, pour une Irano-Britannique, Nazanin Zaghari-Ratcliffe poursuivie pour "diffusion de propagande". Mais l'audience "a été repoussée dans le sillage de la visite" de M. Johnson, a indiqué son mari, Richard Ratcliffe, dans un communiqué de presse.

C'est "une évolution très heureuse", a jugé M. Ratcliffe, qui se bat pour faire libérer sa femme, arrêtée à l'aéroport de Téhéran en avril 2016 lors d'une visite à sa famille. Mme Zaghari-Ratcliffe a été condamnée à cinq ans de prison en septembre 2016 pour participation à des manifestations contre le pouvoir en 2009, ce qu'elle nie.

Mme Zaghari-Ratcliffe risque 16 ans de prison supplémentaires. La télévision iranienne l'a récemment accusée d'avoir participé à des activités séditieuses contre l'Iran financées par Londres et Washington alors qu'elle collaborait, en 2009-2010, à des projets d'une émanation de la radio-télévision britannique BBC en Iran. 

L'accord sur le nucléaire iranien conclu entre Téhéran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) en juillet 2015 a permis de sortir l'Iran de son isolement en levant les sanctions internationales liées au programme nucléaire iranien, en échange de garanties prouvant que la République islamique ne cherche pas à sa doter de la bombe atomique.

La Grande-Bretagne avait rompu ses relations diplomatiques avec l'Iran en 2011 après que son ambassade à Téhéran eut été envahie par des manifestants protestant contre les sanctions occidentales contre le programme nucléaire iranien. Les deux pays ont normalisé leurs relations en 2016.

M. Johnson a quitté Téhéran en début d'après-midi pour les Émirats arabes unis où il a été reçu par le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohamed ben Zayed Al-Nahyane, a indiqué l'agence officielle émiratie Wam.

Les deux hommes ont évoqué les "derniers développements régionaux et internationaux ainsi que la coordination entre les deux pays face à l'extrémisme et le terrorisme", selon Wam.

 
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